Allocution de S.E. Noemí Espinoza Madrid, Secrétaire générale, lors de l’inauguration du Centre conjoint de recherche océanique Corée-AEC
Excellences,
• Dr Mauricio Jaramillo Jassir - Vice-ministre des Affaires étrangères de la République de Colombie
• Dre Edith Bastidas Calderón, Vice-ministre de l’Environnement et du Développement durable
• Capitaine Francisco Arias Isaza, Directeur de l’Institut de Recherches Marines et Côtières - INVEMAR
• M. Dahong Mun, Directeur du Bureau de la Politique Maritime, Ministère des Océans et de la Pêche de la République de Corée
• M. Hyi Seung Lee, Président de l’Institut Coréen des Sciences et Technologies Océaniques - KIOST
• Représentants des gouvernements, institutions scientifiques, organisations régionales et internationales
Distingués invités, chers amis,
Pour l’Association des États de la Caraïbe, la mer n’est pas une frontière qui sépare les territoires. Elle est l’espace qui unit les destins.
Elle unit nos sociétés, nos économies et notre avenir commun.
Et aujourd’hui, depuis Santa Marta, en Colombie, nous donnons forme à une décision stratégique concernant cet avenir.
La mer des Caraïbes est notre histoire commune, notre identité, notre principale voie d’échange ainsi qu’une source essentielle de vie, de biodiversité et de subsistance pour des millions de personnes.
Elle constitue également un espace stratégique pour la stabilité environnementale mondiale, pour le commerce régional et international, ainsi que pour la résilience de nos sociétés face à un contexte international de plus en plus complexe et incertain.
L’Association des États de la Caraïbe est née d’une conviction fondamentale : permettre aux 35 pays et territoires de la Grande Caraïbe de trouver dans la mer des Caraïbes un espace commun à partir duquel construire la coopération, répondre aux défis partagés et projeter un avenir commun.
Depuis plus de trois décennies, l’AEC œuvre pour consolider la Grande Caraïbe comme un espace de dialogue, de coopération et d’action concertée dans des domaines stratégiques pour nos peuples, notamment le commerce, le transport, le tourisme durable, la réduction des risques de catastrophe et, de manière de plus en plus centrale, la gouvernance de la mer des Caraïbes.
C’est à partir de cette vision régionale que nous nous réunissons aujourd’hui pour inaugurer le Centre conjoint de recherche océanique Corée-AEC.
Ce moment représente bien plus que l’ouverture d’une nouvelle institution scientifique. Il représente une décision stratégique pour la Grande Caraïbe.
Une décision visant à renforcer la capacité régionale à produire des connaissances, développer une innovation appliquée et répondre collectivement aux défis qui affectent notre espace maritime partagé, tout en valorisant ses ressources extraordinaires.
Ce Centre représente également quelque chose de profondément nécessaire dans le contexte actuel :
un multilatéralisme pratique qui produit des résultats concrets.
Car dans un contexte international marqué par la crise climatique, la pression sur les océans et les inégalités croissantes en matière de capacités technologiques et scientifiques, la coopération cesse d’être uniquement un principe diplomatique pour devenir un outil de développement, de résilience et de stabilité pour nos sociétés.
Ce Centre constitue ainsi un instrument de diplomatie scientifique, de coopération Sud-Sud et triangulaire, ainsi qu’une gouvernance océanique fondée sur la science.
Il représente également une preuve claire de la valeur de l’alliance entre un État membre de l’Association, la République de Colombie, et l’un de nos Observateurs les plus actifs et engagés, la République de Corée.
La relation entre la République de Corée et l’AEC, qui dure depuis près de deux décennies, a évolué vers un partenariat de plus en plus stratégique.
Aujourd’hui, cette relation acquiert une dimension concrète et durable grâce à ce Centre, qui a le potentiel de devenir une référence pour la recherche océanique appliquée dans la Grande Caraïbe.
Ce Centre est profondément important pour notre région, car la Grande Caraïbe a besoin de davantage de science appliquée, d’une plus grande interopérabilité des données, d’une meilleure préparation face au changement climatique et de meilleures solutions pour les communautés côtières confrontées quotidiennement aux impacts environnementaux, économiques et sociaux de la crise climatique.
Les communautés côtières de la Grande Caraïbe vivent déjà les conséquences de cette crise.
Nous le voyons dans l’érosion de nos côtes, dans la pression exercée sur la pêche et le tourisme.
Nous le voyons également dans l’impact croissant des sargasses sur les écosystèmes, les économies locales et les moyens de subsistance.
Aucun pays ne peut faire face seul à de tels défis.
C’est pourquoi ce Centre revêt une importance stratégique extraordinaire : il permettra de renforcer les capacités régionales, de générer des preuves scientifiques partagées et d’avancer vers des solutions coordonnées face aux défis marins transfrontaliers qui affectent directement le bien-être de nos peuples.
Mais ce Centre est également important pour la Corée.
Parce qu’il démontre que la coopération internationale fonctionne mieux lorsqu’elle relie des capacités réelles à des besoins réels.
Une coopération fondée sur le respect, l’échange de connaissances et la construction conjointe de solutions.
Une coopération qui ne réduit pas la Grande Caraïbe à ses vulnérabilités, mais qui reconnaît notre région comme un espace de connaissance, de stratégie et d’avenir.
Je souhaite exprimer ma plus profonde reconnaissance au Gouvernement de la République de Corée pour avoir compris que la coopération océanique avec la Grande Caraïbe peut devenir l’une des formes les plus nobles et les plus efficaces de partenariat international.
Je reconnais également le Korea Institute of Ocean Science and Technology, KIOST, pour sa contribution scientifique et technologique d’une immense valeur pour notre région.
Son expertise en recherche océanique, données, intelligence artificielle et observation satellitaire peut devenir une contribution stratégique pour la Grande Caraïbe, en particulier si nous sommes capables de transformer ces capacités en solutions accessibles, adaptées et partagées pour nos peuples.
Je souhaite également saluer le Gouvernement de la République de Colombie pour son leadership diplomatique et technique, ainsi que pour avoir mis à disposition de cette initiative la plateforme scientifique d’INVEMAR, située à Santa Marta, une ville et une institution d’une immense importance scientifique pour la Grande Caraïbe.
INVEMAR n’est pas simplement l’institution hôte de ce Centre. C’est une institution disposant d’une solide trajectoire en océanographie et climat, géologie marine et côtière, biodiversité, écosystèmes marins, instrumentation océanique et systèmes d’information environnementale.
Cela signifie que ce Centre, qui aura son siège ici, est construit sur une base scientifique réelle, expérimentée et profondément connectée au territoire et aux réalités de la Grande Caraïbe.
J’étends également notre reconnaissance aux États membres et membres associés de l’AEC, à nos Observateurs et partenaires de coopération, dont le soutien a été essentiel pour rendre possible cet effort collectif.
Ce Centre ne doit pas être compris uniquement comme un espace académique ou technique. Il doit être compris comme une plateforme régionale reliant science, politiques publiques et coopération internationale au service du développement durable de la Grande Caraïbe.
Aujourd’hui, nous savons qu’il ne peut y avoir de gouvernance océanique efficace sans connaissances scientifiques solides. Il ne peut y avoir de résilience côtière sans données fiables. Et une Économie Bleue durable ne peut être consolidée sans capacité régionale à rechercher, innover et agir de manière coordonnée.
De même, cet effort renforce le travail promu par la Commission de la mer des Caraïbes et notre vision visant à consolider la mer des Caraïbes comme Zone Spéciale dans le Contexte du Développement Durable au sein du système des Nations Unies.
Excellences,
Permettez-moi de le dire clairement :
La Grande Caraïbe n’est pas une périphérie du débat mondial. C’est un espace géopolitique, environnemental et humain d’une immense importance pour le présent et l’avenir de la planète.
La protection de nos mers, la résilience de nos côtes et le développement durable de nos communautés sont des enjeux qui transcendent les frontières et nécessitent des alliances stratégiques telles que celle que nous célébrons et concrétisons aujourd’hui.
Aujourd’hui, nous inaugurons un Centre de Recherche Océanique, mais surtout, nous affirmons une vision d’avenir pour la Grande Caraïbe.
Une vision dans laquelle la science, l’innovation et la coopération internationale deviennent des outils fondamentaux pour protéger notre patrimoine marin partagé et renforcer la capacité de notre région à agir avec davantage de résilience, davantage d’autonomie et une voix plus forte dans la gouvernance océanique mondiale.
Car protéger la mer des Caraïbes ne consiste pas seulement à protéger un espace ; il s’agit de protéger la stabilité et le bien-être de nos peuples, des générations présentes et futures.
Aujourd’hui, nous laissons un message clair : lorsque la coopération devient une action concrète, lorsque la science et la diplomatie travaillent au service des populations, la Grande Caraïbe peut devenir un acteur stratégique de l’avenir océanique mondial.
Je vous remercie.
Discours connexes
Allocution de la Secrétaire Générale de l’AEC, Noemí Espinoza Madrid, lors du webinaire « Construire des destinations de tourisme durable »
Bonjour à toutes et à tous,
Permettez-moi de commencer par adresser une salutation toute particulière à :
Intervention de la Secrétaire générale à la 1ʳᵉ réunion de la Sous-commission des sargasses
Excellences,
Distinguées expertes, distingués experts,
DISCOURS DE S.E. NOEMÍ ESPINOZA MADRID, SECRÉTAIRE GÉNÉRALE, À L’OCCASION DE LA RÉCEPTION DE HAUT NIVEAU POUR LE LANCEMENT OFFICIEL DU RAPPORT SUR LA MOBILITÉ CLIMATIQUE DANS LA GRANDE CARAÏBE, LORS DU 3ᵉ SOMMET SUR LA MOBILITÉ CLIMATIQUE
Excellences,
Distingués délégués,
Mesdames et Messieurs,
DISCOURS DE S.E. L'AMBASSADRICE NOEMÍ ESPINOZA MADRID, SECRÉTAIRE GÉNÉRALE, À L’OCCASION DE LA RÉCEPTION DE HAUT NIVEAU POUR LE LANCEMENT OFFICIEL DU RAPPORT SUR LA MOBILITÉ CLIMATIQUE DANS LA GRANDE CARAÏBE, LORS DU 3ᵉ SOMMET SUR LA MOBILITÉ CLIMA
Excellences,
Distingués délégués,
Mesdames et Messieurs,


