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Journée mondiale de la résilience du tourisme 2026 : Tirer parti du patrimoine culturel de la région pour passer du relèvement après crise à la régénération du secteur touristique

Par : Anne-Love Soter

La culture et le patrimoine du Grand Caraïbe continuent de résonner bien au-delà des rivages de la région. La culture et le patrimoine du Grand Caraïbe continuent de façonner la culture populaire mondiale et de capter l’attention internationale. Cette visibilité mondiale reflète le soft power et l’influence culturelle de la région, renforçant l’attrait du Grand Caraïbe en tant que destination touristique de premier plan. Pourtant, derrière la musique et les célébrations envoûtantes se cache une réalité plus complexe et une responsabilité plus profonde. Le Grand Caraïbe demeure l’une des régions les plus dépendantes du tourisme et les plus vulnérables aux aléas climatiques au monde. Célébrer la culture de la région doit donc aller de pair avec le renforcement de la résilience du tourisme et la promotion d’un tourisme régénératif qui protège les lieux, les personnes et les cultures qui inspirent le monde.

Observée chaque année le 17 février, la Journée mondiale de la résilience du tourisme, instaurée par les Nations Unies, met en lumière la nécessité de systèmes touristiques capables d’anticiper les chocs, de résister aux crises et de se rétablir durablement. La résilience du tourisme va au-delà de la réponse d’urgence : elle renvoie à la capacité des destinations, des communautés et des entreprises touristiques à se préparer aux perturbations, à gérer les risques, à s’adapter aux changements de long terme et à continuer de générer des bénéfices sociaux et économiques. Cela est particulièrement pertinent pour les Caraïbes, où, par exemple, dans les Petits États insulaires en développement (PEID), 38 % des recettes d’exportation provenaient du tourisme international en 2023 ; le tourisme représente 20 % du PIB dans plusieurs économies insulaires ; et les phénomènes météorologiques extrêmes perturbent régulièrement les moyens de subsistance, les infrastructures et les flux de visiteurs.

À l’avenir, la résilience doit s’accompagner de régénération. Le tourisme régénératif vise non seulement à minimiser les impacts négatifs, mais aussi à restaurer activement les écosystèmes, à renforcer les économies locales et à autonomiser les communautés. Les approches régénératives permettent au tourisme de contribuer à la protection des côtes, à la préservation du patrimoine et au bien-être des communautés. Cette évolution est particulièrement cruciale à mesure que les catastrophes liées au climat s’intensifient : le Grand Caraïbe subit des pertes économiques disproportionnellement élevées dues à ces événements, et le tourisme figure parmi les secteurs les plus touchés. Par exemple, l’ouragan Melissa, en octobre 2025, a causé des dommages estimés à 8,8 milliards de dollars américains, affectant des zones qui représentent environ 89 % des chambres d’hôtel de la région.

À l’échelle mondiale, le Global Tourism Resilience and Crisis Management Centre (GTRCMC) s’est imposé comme une plateforme clé pour faire progresser les bonnes pratiques en matière de résilience du tourisme. Grâce à la recherche, à la formation et au dialogue sur les politiques publiques, le Centre promeut des approches proactives de préparation et de relèvement après crise, en aidant les destinations à passer de réponses réactives à des stratégies de résilience à long terme. Ses travaux mettent en évidence l’importance de la coordination entre les gouvernements, le secteur privé et les communautés locales.

Dans les Caraïbes, les initiatives de tourisme communautaire illustrent également la résilience en action. Un exemple de bonne pratique est le Belize, leader en conservation marine et tourisme durable, où des initiatives d’écotourisme portées par les communautés — telles que la Fishermen & Ecotourism Alliance (FETA), créée dans l’atoll de Turneffe et liée à la conservation marine et côtière — ont contribué à diversifier les moyens de subsistance locaux tout en renforçant la protection du patrimoine naturel et culturel. En combinant tourisme et conservation, appropriation communautaire et préservation culturelle, ces modèles renforcent la résilience économique et encouragent les visiteurs à interagir de manière responsable avec la culture et les écosystèmes locaux.

Dans ce contexte, l’Association des États de la Caraïbe (AEC) joue un rôle régional important, à travers sa Direction de la réduction des risques de catastrophe, du tourisme durable, de la mer des Caraïbes et de l’environnement (DDTCE), en redéfinissant la manière dont les pratiques de tourisme durable peuvent renforcer la résilience de la région et garantir une croissance responsable du secteur. Grâce à la Convention établissant la Région du Grand Caraïbe comme première Zone de tourisme durable au monde (STZC), l’AEC a mis en place un cadre politique et stratégique commun pour faire progresser un tourisme durable et résilient au sein de ses Membres. En favorisant la coopération, en promouvant des politiques de tourisme durable et en encourageant des partenariats qui intègrent l’adaptation au changement climatique et la réduction des risques de catastrophe dans la planification touristique, l’AEC contribue à une approche plus coordonnée et tournée vers l’avenir de la résilience du tourisme dans le Grand Caraïbe. À l’avenir, le prochain Plan stratégique de l’AEC place la protection et la valorisation du patrimoine culturel au cœur de la résilience du tourisme durable, reconnaissant la culture à la fois comme un moteur d’attractivité des destinations et comme un socle pour un relèvement et une régénération centrés sur les communautés. Par la Déclaration de Montería, l’AEC s’engage également à renforcer la résilience socioéconomique et à optimiser les opportunités de croissance et de développement. L’organisation reconnaît que la résilience exige d’aller au-delà de l’élaboration de politiques et de la planification, pour faciliter et renforcer des pratiques touristiques innovantes dans la région, grâce auxquelles la résilience peut être pleinement ancrée.

En cette Journée mondiale de la résilience du tourisme 2026, le message est clair : la visibilité mondiale croissante de la culture et du patrimoine du Grand Caraïbe apporte à la fois des opportunités et des responsabilités. Construire un secteur touristique résilient, régénératif et ancré dans la préservation à long terme de la culture locale est essentiel pour garantir que le Grand Caraïbe demeure non seulement une destination que le monde souhaite visiter, mais aussi une région où le tourisme soutient réellement des futurs durables.

Références :

Nations Unies. Journée mondiale de la résilience du tourisme. Disponible à l’adresse suivante : https://www.un.org/en/observances/tourism-resilience-day

ONU Tourisme, Tourisme dans les Petits États insulaires en développement (PEID). Disponible à l’adresse suivante : https://www.untourism.int/sustainable-development/small-islands-develop…

Dashan Hendricks, La domination du tourisme expose les finances publiques de la Jamaïque aux chocs climatiques ; Jamaica Observer, février 2026. Disponible à l’adresse suivante : https://www.jamaicaobserver.com/2026/02/01/tourisms-dominance-leaves-ja…

Global Tourism Resilience and Crisis Management Centre (GTRCMC). Présentation du Centre et des initiatives. Disponible à l’adresse suivante : https://gtrcmc.org

Blue Natural Capital, Renforcer la conservation marine et le tourisme durable dans la réserve marine de l’atoll de Turneffe, Belize. Disponible à l’adresse suivante : https://www.bluenaturalcapital.org/stories/tourism-and-mpa-turneffe-ato…

ACS - AEC, La Zone de tourisme durable du Grand Caraïbe. Disponible à l’adresse suivante : https://www.acs-aec.org/en/article/acs-enacts-convention-establishing-g…