CONNECTIONS CARAIBEENNESUn Marché virtuel pour la Grande CaraïbeNorman Girvan Le 11 octobre dernier, la ville de Bluefields, sur la côte caraïbéenne du Nicaragua, a célébré son centenaire. Le Gouvernement du Président Enrique Bolaños a fait de l’occasion un évènement régional afin de célébrer les Connections caraïbéennes du Nicaragua et, à ce titre, a fait mention de la diversité ethnique et culturelle de ce pays. Parmi les invités de marque se trouvaient le Premier ministre du Belize, les ministres des Affaires étrangères de la Jamaïque et de la République dominicaine ainsi que les Secrétaires généraux de l’AEC et de la CARICOM. Leur présence a symbolisé les liens souvent oubliés de l’histoire et de la culture qui existent entre les communautés de la côte Caraïbe, de l’Amérique centrale et des îles des Caraïbes. |
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A la Jamaïque, “Bluefields” est connue comme une communauté de la côte sud dont la plage pittoresque de sable blanc est fort populaire. Belize, elle aussi a une “Bluefields Cay”. Il paraît que toutes les Bluefields tirent leur nom de l’activité d’un pirate hollandais du nom de Blaunveldt qui voyageait dans les îles de la côte occidentale des Caraïbes et de l’Amérique centrale, au début du 17e siècle. La Bluefields du Nicaragua a été fondée vers 1602, elle restera sous l’influence britannique entre 1633 et le début du 19e siècle. A ce titre, Bluefields faisait partie d’une série d’avant-postes britanniques de l’Amérique centrale s’étendant du Panama au Honduras. La Jamaïque, étant la colonie britannique la plus proche, est devenue une source d’autorité politique et militaire et a contribué au peuplement de Bluefields—Celle-ci a été directement administrée par la Jamaïque de 1730 à 1744, lorsqu’elle est devenue la capitale du territoire britannique nouvellement formé de Miskotolandia. Ce n’est pas avant 1894 que la République indépendante du Nicaragua a établi son autorité politique et militaire dans la région, accordant ainsi à Bluefields le statut municipal en 1903.
Pendant des siècles, des descendants d’Africains libres de la Jamaïque, du Belize et de Grand Cayman ont peuplé Bluefields, se mélangeant souvent à la population indigène du peuple Miskitos. La fin du 20e siècle a vu l’arrivée d’immigrants de la Côte pacifique du Nicaragua. Aujourd’hui, la population de Bluefields est d’environ 45,000 habitants dont environ 57 % sont Métis et 36 % Créoles (i.e. Afro-caraïbéen) avec les 7% restant étant des Miskitos et des Garifunas. La culture de Bluefields est fortement imprégnée de la saveur des Caraïbes. L’anglais est parlé avec un accent distinctivement jamaïcain et le patois jamaïcain est parlé par une grande partie de la population dont le seul contact avec l’île se limite aux souvenirs voilés hérités de leurs ancêtres de génération en génération. La cuisine de Blufileña est souvent une adaptation mystérieuse au contexte local des mets jamaïcains—“run-dung”, un des plats populaires, est préparé avec de la viande de porc sauvage. Les prénoms anglo-caraïbéens prédominent au sein de la population créole. Le Reggae est joué partout et les dreadlocks sont omniprésents. Dans les années 80, Bluefields a été déclarée capitale de la Région atlantique autonome du sud. Ses initiales espagnoles —RAAS—ont une connotation suspicieusement jamaïcaine. Bluefields est un mélange intéressant des Antilles du 19e siècle et de l’Amérique centrale du 21e siècle. Une importante délégation d’hommes et de femmes d’affaires de la CARICOM a participé à cette célébration du centenaire, principalement en provenance de la Jamaïque. Ils ont visité Bluefields et se sont entretenus avec la communauté des affaires de la ville. Des opportunités de commerce et de tourisme ont été identifiées. Une liaison aérienne directe de Bluefields ou par Managua ou San Jose, possible grâce à des installations aéroportuaires remises à neuf, représenterait un grand pas vers cet objectif. Lors des célébrations, le Président Bolaños a inauguré la nouvelle tour de contrôle de l’aéroport ainsi que plusieurs projets liés à la télécommunication. A ce titre, les connections entre le Nicaragua—et l’Amérique centrale peuvent servir de véhicule pour consolider de nouveaux liens économiques et culturels avec la Caraïbe insulaire.
le
11 novembre 2003
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