Dans l'ombre
de la guerre
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La réunion a eu lieu dans l'ombre de la guerre imminente contre l'Iraq. Le président du Conseil, le ministre des Affaires étrangères de la République dominicaine, M. Hugo Tolentino Dipp, a évoqué " la menace qui se pose actuellement au système international multilatéral ", et a déclaré que les " engagements pris dans les institutions internationales ne peuvent être rompus par l'opinion unilatérale d'un seul Etat, car seule la volonté collective de la majorité a le droit de décider au nom de la communauté internationale ". Le ministre d'Etat
aux Affaires étrangères de Jamaïque, Delano Franklyn,
était tout aussi franc en s'opposant à l'action unilatérale.
Il a appelé au " soutien sans équivoque du rôle
central des Nations Unies dans le maintien de la paix et de la sécurité
à l'échelle mondiale " et à " l'action
multilatérale conformément aux principes de l'ONU relatifs
à la résolution des menaces à la paix internationale
". Le président Vicente Fox avait antérieurement signalé publiquement que l'économie mexicaine est toujours en train de se redresser suite aux conséquences du 9/11 et ne peut guère se permettre le choc supplémentaire qui résultera certainement d'une guerre. En Amérique centrale, le ministre costaricain des Finances, Jorge Bolaños, lançait un avertissement au sujet de l'impact probable de la guerre sur le commerce régional. Cinquante pour cent de l'énergie consommée en Amérique centrale est importée, donc des prix plus élevés réduiront la somme disponible pour les importations intra-régionales. Treize pour cent des exportations du Costa Rica sont destinées à ses voisins centraméricains. Par conséquent, la dépendance à 98% de la production énergétique intérieure par le Costa Rica ne le protégera pas de la crise énergétique provoquée par la guerre. Une situation similaire se produit à Trinité-et-Tobago, pays riche en pétrole, par rapport à ces partenaires de la CARICOM, comme le Premier ministre Patrick Manning l'a déjà signalé il y a quelques semaines. En République dominicaine, les économistes évaluent à $2,3 milliards, soit 5,6 pour cent du PIB annuel, la perte de revenus de l'exportation due au 9/11 et à la récession économique mondiale de 2001-2002. De tous les pays du monde en voie de développement, la Grande Caraïbe a les liens économiques, sociaux et politiques les plus étroits avec la seule superpuissance restante au monde. C'est en raison des liens économiques étroits que les relations traditionnelles d'amitié politique sont actuellement tendues. Les chefs de la Caraïbe évaluent le coût probable de la guerre en termes de pertes touristiques et de hausse des prix énergétiques, s'ajoutant à deux années de stagnation économique. Ils ne disposent pas de la souplesse économique de l'économie la plus importante du monde, qui est en mesure de contenir un déficit fiscal croissant sans avoir affaire à la discipline du Fonds monétaire international. Pour eux, une résolution pacifique de la crise pourrait être une question de vie ou de mort économique. Au moment de la
parution de cette chronique, il se pourrait que les bombes aient déjà
commencé à tomber sur le peuple de Baghdad. L'histoire
pourrait compter cette guerre, si elle a lieu, parmi les plus impopulaires.
Elle est déjà devenue un événement déterminant
de l'émergence d'une communauté d'intérêt
mondiale. Même si elle est de courte durée, ses conséquences
économiques et politiques nous accompagneront pendant longtemps. Le Prof. Norman Girvan est le Secrétaire général de lAssociationd es Etats de la Caraïbe (AEC). Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de lAEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org.
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