LE CRIME
ET LA SECURITE HUMAINE DANS LA CARAIBE (1)
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D'abord, l'inégalité mondiale a augmenté de façon considérable depuis le début des années 1980, tant au sein des nations qu'entre elles. La crise de la dette et les programmes d'ajustement structurel ont été entraîné des coûts humains et sociaux importants. Les filets de sécurité sociale se sont écroulés en Europe de l'Est et du Sud et dans les Etats ratés d'Afrique. La sécurité humaine s'est dégradée en termes économiques et sociaux généraux. Les villes du Sud-et de plus en plus celles du Nord-sont surpeuplées de personnes désespérées, en particulier des jeunes hommes, disposées à recourir à des moyens désespérés pour avoir leur part du gâteau économique. Deuxièmement, il existe une profusion d'armes et de munitions dans un commerce souterrain énorme : les approvisionnements se sont accrus grâce à l'effondrement du système soviétique et à la fin des guerres de libération en Afrique et des guerres civiles en Amérique centrale. En troisième lieu, la mondialisation a facilité la prolifération d'organisations criminelles transnationales. La déréglementation des systèmes financiers et des flux de capitaux ont permis le transfert et la canalisation des fonds vers des activités commerciales légitimes. La libéralisation du commerce a rendu les frontières perméables. L'accroissement de l'insécurité humaine a encouragé l'usage de stupéfiants. La prostitution et la contrebande humaine font désormais partie intégrante des activités criminelles internationales. Et quatrièmement, en raison des déficits fiscaux de nombreux gouvernements ont de plus en plus de mal à s'acquitter de leurs responsabilités en matière de sécurité. La croissance des ressources du crime a provoqué une diminution des ressources publiques. L'industrie des drogues illicites génère à elle seule, au bas mot, environ $500 milliards de revenus par an. Cette somme est nettement supérieure à l'ensemble du PIB des 24 Etats de la région de la Grande Caraïbe. La valeur du trafic
international de drogues illicites se situe entre $100 milliards (chiffre
de l'ONU) et $500 milliards (chiffre des Etats-Unis). Les exportations
totales de biens et de services de la Caricom et de l'Amérique
centrale s'élèvent à $32 milliards. Une deuxième raison est sa fragmentation géographique et politique : il existe 25 Etats indépendants et 12 territoires affiliés. A cela s'ajoute la taille réduite de la plupart de ses juridictions ; dont 23 ont moins d'un million d'habitants. (A suivre)
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2007 |