LES IBERO-AMERICANS
ENVISAGENT LA CREATION D'UN
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Depuis 1991, l'Espagne et le Portugal, pays ibériques, se réunissent avec 19 pays d'Amérique latine qui partagent leur patrimoine culturel et linguistique, en raison des anciens liens coloniaux. Ce groupe est analogue au Commonwealth des Nations (antérieurement britanniques). L'équivalent français est l'Organisation internationale de la Francophonie dont le Secrétariat se trouve à Paris. Onze pays hispanophones de la Grande Caraïbe ont assisté au Sommet à Bavaro ; tous sauf un (Cuba) étant représentés par leur chef d'Etat. Le Premier ministre du Belize et le Gouverneur du Porto Rico étaient également présents, en tant qu'invités spéciaux. Les Sommets ibéro-américains récents ont mis l'accent sur des questions sociales et politiques, y compris la condition des enfants, la gouvernance et les droits de l'homme, et le terrorisme. L'ordre du jour de cette année, proposé par le pays d'accueil, la République dominicaine, a porté sur le tourisme et l'environnement. En effet, les deux tiers des activités touristiques en Amérique latine et dans la Caraïbe sont générées au sein de la région de la Grande Caraïbe elle-même. La région continue à sentir les retombées du ralentissement du tourisme étatsunien et mondial depuis 2001. Mais l'impact de cette industrie sur l'environnement est aussi devenu une préoccupation majeure en raison de la fragilité de l'environnement côtier et maritime dont elle dépend en grande partie. La Déclaration du Sommet a appuyé la promotion du tourisme durable et a chargé les ministres du Tourisme de développer les mécanismes de coordination et de coopération correspondants. Ils devront en rendre compte au XIIIe Sommet qui aura lieu en Bolivie l'an prochain. La Convention sur la Zone de Tourisme durable de la Caraïbe de l'Association des Etats de la Caraïbe (AEC) pourrait constituer un modèle pour le programme de coopération ibéro-américain. Une autre question clé discutée à Bavaro a été le Programme de travail de Doha de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC). En tant que membres de l'Union Européenne, l'Espagne et le Portugal tiennent à accélérer le rythme des progrès lors des réunions de l'OMC, préalablement à la réunion ministérielle qui se tiendra au Mexique l'an prochain. Ils ont plaidé activement en faveur d'un engagement accru des pays d'Amérique latine, afin de maintenir le Programme de travail de Doha sur la bonne voie. Cependant, les pays en voie de développement de la région insistent sur le besoin de prêter une attention accrue aux questions qui les préoccupent. Parmi ces dernières figurent la mise en uvre d'un traitement spécial et différencié et les subventions agricoles énormes de l'UE, des Etats-Unis et du Japon, qui sont préjudiciables aux exportations d'Amérique latine. La réunion a aussi souligné l'importance stratégique du secteur du transport aérien, et a recommandé que les ministres du Transport continuent à travailler en vue de l'amélioration des politiques publiques et du cadre institutionnel et juridique qui sont nécessaires à leur durabilité. Par ailleurs, elle a démontré une reconnaissance appréciable des efforts et des mesures visant à prévenir, à atténuer et à réduire les catastrophes, qu'elles soient d'origine naturelle ou technique. La vulnérabilité fait désormais partie intégrante de l'ordre du jour ibero-américain. En mettant l'accent sur le tourisme durable, le transport et les catastrophes naturelles, la Déclaration du Sommet coïncide avec les secteurs prioritaires de la Zone de Coopération de la Grande Caraïbe. Une des critiques faites aux anciens Sommets ibéro-américains est l'absence d'un suivi. Les pays se sont montrés réticients à créer une nouvelle bureaucratie sous forme d'un secrétariat permanent. En revanche, à Bavaro, ils ont convenu de créer un groupe de travail pour en étudier la faisabilité, et en rendre compte lors du prochain sommet. L'expérience de l'AEC peut aussi être utile à cet égard.
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2007 |