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ETRE OFFENSIF DANS LES SERVICES

Cette semaine dans la Grande Caraïbe

Norman Girvan

En l'an 2000, 15 pays de la Caraïbe insulaire ont exporté des services atteignant un montant net de US$5,4 milliards. Le tourisme et les services financiers sont les principales sources de revenus. Les services d'information ont aussi été la cible des efforts de promotion de la part de certains gouvernements.

 

Balance nette des services pour certains pays de la Caraïbe 2000 (Millions de USD)

Pays

Exportations nettes de services (Millions de USD )

Antigua et Barbuda

250,96

Bahamas

759,41

Barbade

602,80

Belize

-1,40

Dominique

37,59

République Dominicaine

1854,30

Grenade

73,52

Jamaïque

642,00

Montserrat

-1,33

Antilles Néerlandaises

759,94

Saint-Christophe et Nièves

7,70

Sainte-Lucie

191,78

Saint-Vincent et les Grenadines

69,44

Surinam

-90,10

Trinité-et-Tobago

286,90

Total

5443,51

 

 

Source: CEPALC, sur la base des données nationales

Toutefois, il existe des dangers de dépendance excessive vis-à-vis des services financiers et du tourisme, comme l'ont démontré les évolutions récentes. Les opérations bancaires offshore sont soumises à une surveillance accrue pour fraude fiscale et blanchiment d'argent. Le tourisme est très sensible aux conditions économiques et aux considérations de sécurité, et pourrait être sur le point d'arriver à saturation dans certaines destinations dans les plus petites îles.

Selon la Commission Economique pour l'Amérique Latine et la Caraïbe des Nations Unies (CEPALC), la marche à suivre consiste à cibler des activités de haute technologie et des " grappes " industrielles pour les services. Toutefois, afin d'attirer des investissements dans des activités de haute technologie, il faudrait accroître considérablement les incitations fiscales. D'abord, les gouvernements devront investir fortement dans les capitaux humains afin de disposer d'une main-d'œuvre instruite et productive. Deuxièmement, les services d'infrastructure locale tels que l'électricité et les télécommunications doivent être plus efficaces et compétitifs. Malheureusement, dans ces domaines, la privatisation a souvent eu l'effet contraire à celui qui a été prévu, en raison de la concurrence limitée, du maintien des monopoles et de la taille réduite du marché.

Troisièmement, il est nécessaire de libéraliser l'accès aux marchés extérieurs. Les pays en voie de développement comme ceux de la Caraïbe sont déjà des exportateurs nets de services à travers la mobilité de personnes naturelles dans des professions de services telles que l'enseignement et la profession d'infirmière.

La CEPALC plaide aussi en faveur d'une stratégie de développement des services qui mettrait l'accent sur les grappes plutôt que sur les industries individuelles, en tenant compte des liens avec les secteurs productifs.

Les opérations bancaires, l'assurance et le tourisme, par exemple, sont étroitement liés à la construction, aux télécommunications, au transport et à l'électricité. Par ailleurs, les services éducatifs et médicaux, qui sont à la base de la formation des capitaux humains, sont essentiels au développement d'industries de biens et de services de haute technologie.

Une telle approche nécessite une attitude offensive plutôt que défensive de la libéralisation du secteur des services. Les coûts et les bénéfices devront être évalués non seulement en fonction de leur impact sur les exportations et les importations, mais aussi à travers une analyse des effets potentiels sur la qualité et les coûts de la prestation de services et la possibilité de développer de nouvelles grappes industrielles.

Dans cette approche, la libéralisation du secteur des services fait partie d'une stratégie intégrale de développement à travers la diversification. Il est tout aussi important que cette dernière soit accompagnée de mécanismes réglementaires visant à promouvoir la croissance, la souplesse, la transparence et la concurrence saine. Le règlement devrait veiller au maintien d'une autorité discrétionnaire pour les gouvernements, dans la mise en œuvre de politiques économiques, en raison de la vulnérabilité des économiques aux chocs externes.

Le Prof. Norman Girvan est le Secrétaire général de l’Associationd es Etats de la Caraïbe (AEC). Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de l’AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org.

(Fin)

Le 27 septembre 2002

   
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