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LES SERVICES DANS LES ILES DE LA CARAIBE: NEGLIGEZ-LES A VOS DEPENDS

Cette semaine dans la Grande Caraïbe

Norman Girvan

Au cours de ces derniers mois, plusieurs rapports ont attiré l'attention sur l'importance croissante des services offerts au sein des économies des îles de la Caraïbe ainsi que sur la portée des implications d'un quelconque changement. Cette question a été au centre des discussions d'une réunion organisée au siège dans la Caraïbe de la Commission économique des Nations Unies pour l'Amérique latine et la Caraïbe (CEPALC) à Port d'Espagne, à laquelle 28 experts de la région ont participé.

 

Les changements qui ont eu lieu dans la structure même des services pendant les années 90 ont été assez notables. En 1990, les services représentaient déjà 39 pour cent du PIB de la CARICOM et d'ici 2000, ce chiffre était passé à 47 pour cent. Dans les îles dont l'économie est peu développée, les services représentent entre 80 et 90 pour cent du PIB et de l'emploi.

Les services représentent maintenant le lien principal entre la plupart des îles de la Caraïbe et l'économie internationale. En République Dominicaine, les exportations de services sont passées de US$1.349 millions à US$3.227 millions de 1992 à 2000; la Jamaïque est passée de $1.105 millions à $2.027 millions. Dans le cas de Cuba, les services se sont substitués au sucre qui était en tête des exportations pendant les années 90. Les exportations de services rapportent aux Bahamas plus de $2.000 millions annuellement et les revenus générés par les services en Barbade s'élèvent à $1.000 million.

Le Tourisme représente la raison principale de la croissance des exportations de services en 1990 et est en ce moment, l'unique source de devises étrangères dans la plupart des pays membres de l'Association des Etats de la Caraïbe. Les services de financement internationaux sont en deuxième position, suivis de loin par les services liés à l'information.

D'autres prestataires de services dont le PIB et la capacité d'emploi sont importants appartiennent aux secteurs de la distribution, du transport, de la communication et de la construction.

Tout ceci mène à la conclusion selon laquelle les services pourraient représenter le centre d'intérêt des stratégies économiques formulées dans la région. Cependant, quelques fois, il semblerait que les services jouent un rôle secondaire en comparaison à l'agriculture, la production et les activités d'industries basées sur des ressources.

Une des raisons qui a motivé un tel changement est la pression croissante des négociations extérieures. L'Accord Général sur les Services liés au Commerce (GATS), qui a été mis en vigueur en 1994, pousse à la libéralisation de tous les services liés au commerce international, à l'exception des services publics offerts à des fins non lucratives. Quatre modes d'offres sont distingués :

1. Approvisionnement entre pays; par exemple, à travers le commerce électronique
2. Consommation à l'étranger, dans le cas du tourisme
3. Présence commerciale avec des connexions avec des compagnies étrangères et
4. Mouvement de personnes, par exemple des consultants.

Les signataires des GATS doivent s'engager à l'accès sur le marché de chaque modèle dans un éventail de secteurs prestataires de services. Les services offerts par les secteurs du tourisme, des finances, des affaires et de la communication ont jusqu'ici reçu le plus d'engagements, avec le Modèle 2 comme centre d'intérêt. Mais le rapport semble suggérer que les pays de la Caraïbe sont à la traîne quand il s'agit d'engagements.

En ce moment le besoin d'augmenter les engagements par modèle et par secteur est croissant. Les services liés au commerce figurent à l'ordre du jour des négociations "propre" à l'Organisation Mondiale du Commerce et des nouvelles négociations entamées en 2000. Les services financiers, le transport maritime, les télécommunications, les services professionnels et d'affaires, la distribution et le tourisme sont tous ciblés par les pays développés en vue d'une amélioration de l'accès au marché dans tous les modes d'offres. Dans le cadre de la libéralisation des services, un thème important revient, à savoir celui des négociations liées à la Zone de Libre Echanges des Amériques (ZLEA).

Une conclusion a émané de la réunion du groupe d'experts, le besoin urgent de mettre à jour les statistiques relatives à l'industrie des services et de préparer des listes de législations et de règlements liés à l'offre de services afin de renforcer la position de la région dans le cadre des négociations.

D'autre part, il convient de formuler des politiques permettant d'améliorer le développement de l'impact des services. Plus d'informations dans la prochaine édition.


Le Prof. Norman Girvan est le Secrétaire général de l’Associationd es Etats de la Caraïbe (AEC). Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de l’AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org.

(Fin)

Le 20 septembre 2002

   
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