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LE SOMMET SUD-AMERICAIN - UNE OPPORTUNITE STRATEGIQUE

Cette semaine dans la Grande Caraïbe

Norman Girvan

Le IIe Sommet sud-américain tenu à Guayaquil, en Equateur, les 26 et 27 juillet a marqué un pas significatif vers la consolidation des relations régionales au sein de l'hémisphère. Il représente une opportunité stratégique pour les pays de la Grande Caraïbe et d'Amérique du Sud d'établir des liens plus étroits entre leurs économies.

 

Des 12 pays qui ont assisté au Sommet, quatre étaient de la Grande Caraïbe : la Colombie et le Venezuela, qui sont membres de la Communauté andine (CAN) ; et le Guyana et le Surinam, qui sont membres de la Caricom. Tous les quatre pays font partie de l'AEC.

Le Consensus de Guayaquil émanant du Sommet met l'accent sur le développement de l'infrastructure physique en vue d'une intégration continentale. Le Transport, les Télécommunications et l'Energie sont identifiés en tant qu'éléments clé d'une Initiative en vue de l'Intégration de l'Infrastructure régionale de l'Amérique du Sud (IIRSA), lancée à l'occasion du Ie Sommet à Brasilia en 2000.

La vision dominante de l'IIRSA consiste à faciliter l'intégration multi-sectorielle au sein des trois zones côtières de l'Amérique du Sud- Caribéenne, Atlantique et Pacifique-et de relier ces dernières et les régions internes du continent.

Le Comité de Coordination technique de l'IIRSA est composé de trois principales institutions financières : la Banque Interaméricaine de Développement (BID), la Corporation andine de Développement, (CAF), et le Fonds financier pour le Développement du Bassin de la Rivière Plata. Il a identifié 162 projets dans les trois secteurs prioritiares, qui seront financés et mis en oeuvre.

Ces derniers comprennent un plan audacieux pour la mise en place de liaisons routières entre le Brésil, le Guyana, le Surinam et le Venezuela. A Guayaquil, les ministres des Affaires étrangères du Venezuela et du Guyana ont convenu de créer un Comité technique pour la construction d'une liaison routière directe entre les deux pays.

D'autres accords relatifs au développement d'une infrastructure de transport ont été conclus entre la Bolivie et le Chili, le Chili et le Marché Commun Sud-américain (MERCOSUR), le Chili et l'Argentine, et le Brésil et le Paraguay. Il existe également un projet majeur pour le développement du transport multimodal afin de relier les pays du Bassin de l'Amazone à l'Atlantique et au Pacifique.

Le Surinam, le Guyana, le Venezuela et la Colombie sont des pays amazoniens, et sont tous impliqués dans un programme de l'AEC en vue de l'Unification de la Caraïbe par voie aérienne et maritime. Par ailleurs, le Plan Puebla Panama (PPP) prévoit un réseau routier, de télécommunications et d'énergie qui reliera le Mexique et l'Amérique centrale jusqu'au Panama dans le sud.

Les initiatives de l'AEC, de l'IIRSA et du PPP devront être considérées comme étant complémentaires. Prises en tant qu'ensemble, elles pourraient fournir une opportunité stratégique pour une plus ouverture réciproque de l'Amérique du Sud et de la Grande Caraïbe, les pays de la Caraïbe continentale pouvant servir de pont grâce à des liaisons de transport Nord-Sud et Est-Ouest.

D'autres caractéristiques notables du Consensus de Guayaquil pour la Grande Caraïbe sont :

  • Un accord de commerce et de coopération économique entre le MERCOSUR et la CAN devrait être conclu avant la fin de 2002. Il reliera les deux principaux groupements d'intégration d'Amérique centrale, et a comme objectif immédiat de renforcer la capacité de négociation dans les relations commerciales extérieures, en particulier dans le cadre de la ZLEA. La CARICOM et le SIECA devraient prendre note.
  • Le traitement des petites économies dans la ZLEA devrait " bien étudier leurs circonstances, besoins, conditions économiques et opportunités " et englober des mesures visant à renforcer la capacité.
  • L'adoption d'une Déclaration visant à faire de l'Amérique du Sud une Zone de Paix. Il s'agit de réduire petit à petit les dépenses militaires au sein du continent afin de débloquer des ressources pour la lutte contre la pauvreté. La Zone de Paix d'Amérique du Sud pourrait être envisagée comme étant complémentaire à la Zone de Coopération de la Grande Caraïbe, promue par l'AEC, à laquelle appartiennent quatre pays de la Grande Caraïbe situés en Amérique du Sud.

Le Prof. Norman Girvan est le Secrétaire général de l’Associationd es Etats de la Caraïbe (AEC). Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de l’AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org.

(Fin)

le 12 août 2002

   
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