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Ces propositions ne sont guère controversées. Ce qui risque d'être plus controversé ce sont les indicateurs et les méthodes utilisés par le Rapport ainsi que les " scores " accordés aux différents pays dans le jeu de la gouvernance. La gouvernance est devenue un composant important de l'ensemble des conditionnalités appliquées par les pays développés pour l'aide financière, l'allègement de la dette et les concessions commerciales à l'intention des pays en développement. Ce ne serait guère surprenant si les indicateurs de gouvernance figurant dans le Rapport du PNUD sont repris par le Nord dans des conférences et négociations internationales futures. De ce fait, la performance des pays de la Grande Caraïbe en fonction des indicateurs du PNUD, risque d'avoir des implications importantes sur leurs relations politiques et économiques avec les pays donateurs et partenaires commerciaux. Ils feront bien d'étudier soigneusement les chiffres. Les indicateurs du PNUD présentent trois types de problèmes. Le premier est un parti pris culturel et politique. Il y a une hypothèse implicite selon laquelle les systèmes politiques occidentaux à plusieurs partis sont l'idéal contre lequel tous les pays devraient être mesurés. Par conséquent, la plupart des pays de l'OCDE reçoivent des scores parfaits en ce qui concerne les indicateurs de Polité, de Libertés civiles et de Droits politiques. Des phénomènes bien connus relatifs au travestissement de ces systèmes politiques par des groupes financiers puissants et des droits acquis sont inexplicablement omis. Cela nécessiterait une étude des facteurs tels que la transparence du financement des campagnes, les limites imposées au financement des partis politiques et l'impact des droits acquis sur la prise de décisions économiques, par exemple en matière de politique commerciale. Les pays développés ont aussi reçu un score élevé dans le domaine de la Liberté de la Presse-en dépit de la domination des médias par des conglomérats énormes et du côté tendancieux d'une grande partie de la couverture médiatique des questions Nord-Sud-et de l'Objectivité juridique-même s'il est bien connu que les riches sont beaucoup mieux équipés pour profiter du système judiciaire que les pauvres et les minorités ethniques. Un deuxième type de problème a trait aux sources du PNUD. Les indicateurs subjectifs de la gouvernance dépendent pour la plupart de la soi-disante " Expertise interne " de deux institutions : la Maison de la Liberté basée aux Etats-Unis et la Base de données sur les Indicateurs de Gouvernance de la Banque mondiale. Des données supplémentaires proviennent d'une base de données de l'Université de Maryland, de Transparency International et du Guide international des risques des pays. La question qui se pose ici c'est si on peut légitimement accorder aux institutions privées ou quasi publiques, ayant une responsabilité limitée voire aucune responsabilité envers un système de gouvernance internationale, et dont les procédures ne sont pas facilement accessibles au public général, des pouvoirs de jugement si importants sur les pays, populations et systèmes. La procédure elle-même risque de ne se conformer au test de bonne gouvernance. Un troisième type de problème est la construction des indicateurs numériques. Les scores maximum et minimum varient largement pour des indicateurs différents. Et dans certains cas, un numéro plus élevé est supérieur alors que dans d'autres un numéro plus bas est supérieur. Par exemple, en matière de Polité (degré de démocratie) le champ s'étend d'un maximum de +10 à un minimum de -10, alors qu'en matière de Liberté de la Presse, il va de 0 (pleine liberté) à 100 (pas libre). Ceci est déroutant et rend difficile la lecture et l'interprétation des indicateurs. La semaine prochaine nous étudierons la tendance des Indicateurs de Développement humain pour les pays de la région.
(Fin) Le Prof. Norman Girvan est le Secrétaire général de lAssociationd es Etats de la Caraïbe (AEC). Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de lAEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org. le 26 juillet 2002 |
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