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LA SOCIETE CIVILE ET LA GLOBALISATION : UNE REVOLUTION TRANQUILLE Cette semaine dans la Grande Caraïbe Norman Girvan Ces deux dernières années, bien que les protestations anti-globalisation dans les capitales du monde aient attiré beaucoup de publicité, une révolution tranquille de gouvernance économique est en train de se produire à travers la région de la Grande Caraïbe. Les organisations de la société civile ont préparé des prises de position sur les négociations commerciales, pour informer leurs membres sur les enjeux et faire pression sur les gouvernements afin que ces derniers incluent les questions sociales dans le programme de négociation. Dans certains cas ils ont travaillé avec des responsables à l'élaboration de positions de négociation. Des alliances ont été créées au niveau régional afin de promouvoir l'intégration à partir du bas et de faciliter le dialogue à travers les barrières linguistiques. Lors du Sommet des Amériques au Québec au mois d'avril, plus de 60 représentants d'ONG se sont entretenus avec les ministres du commerce des Etats-Unis et du Canada et ont insisté sur le besoin de prêter une attention au volet social de l'intégration hémisphérique. Leurs propositions sont issues d'une série de négociations nationales et régionales qui ont bénéficé d'une participation énergique de la Caraïbe, coordonnée par le Groupe de référence de la Caraïbe (CRG). Le CRG regroupe huit réseaux d'ONG avec environ 1000 organisations membres de la Caraïbe anglophone, d'Haïti et de la République dominicaine, représentant les femmes, le travail, les économistes, les agriculteurs et le développement. Il est organisé par le Centre caribéen de développement de politiques (CPDC), qui est reconnu par la CARICOM en tant que partenaire social. Le CRG a suggéré que la réduction de la pauvreté soit l'objectif central de la libéralisation commerciale au niveau de l'hémisphère, par le biais d'un Pacte inter-américain pour le développement social mis en place pour faciliter la santé, l'éducation et la sécurité sociale, en prêtant une attention particulière aux petites économies vulnérables, et en accordant aux pays très endettés un répit de la réciprocité totale pour une période de dix ans. Le CPDC a aussi participé au Forum de la société civile des pays ACP sur le successeur de l'Accord de Lomé, qui a obtenu le statut d'observateur et le droit de prendre la parole lors de l'Assemblée conjointe ACP-UE. Le Forum a obtenu la reconnaissance du rôle de la société civile dans l'élaboration, le suivi, la mise en oeuvre et la gestion du nouveau cadre commercial UE-ACP. La pression de la société civile a contribué à l'inclusion d'une référence à la vulnérabilité des petits pays insulaires et sans littoral. En Amérique centrale, 20 organisations de la société civile travaillant en tant que Comité consultatif auprès du Secrétariat d'intégration, ont proposé 24 projets au Sommet UE-Amérique centrale au début de 2001. Au Méxique, l'Alliance des citoyens a obtenu un engagement du régime Fox à mettre en place au sein de la présidence un bureau spécial qui serait chargé des relations avec la société civile, et à établir un système de coordination pour la protection des droits des enfants et des adolescents. La participation de la société civile a toutefois des contradictions. Alors que les ONG demandent instamment des améliorations au niveau des accords commerciaux, beaucoup d'entre elles se demandent si les règles de base de l'OMC et des institutions issues de Bretton Woods sont compatibles avec la réduction de la pauvreté. Les engagements officiels à impliquer les ONG dans l'élaboration de politiques manquent souvent de dispositions spécifiques pour leur mise en vigueur. Cela s'est traduit par des accusations de politique de pure forme. Toutefois, les critiques mettent en doute la légitimité politique des ONG étant donné que beaucoup d'entre elles reçoivent un financement de l'extérieur et qu'on prétend que certaines manquent de transparence et de démocratie interne. L'évaluation de la participation de la société civile a eu lieu lors d'un atelier tenu à Saint-Domingue les 28 et 29 septembre, convoqué par le CRIES, un réseau régional d'ONG chargées de la recherche, reconnu par l'AEC en tant que partenaire social, avec le soutien de Friedrich Ebert Stiftung. Elle sera circulée lors de la VIIe Réunion du Conseil des ministres de l'AEC qui précédera le IIIe Sommet de l'AEC à l'Ile de Margarita en décembre de cette année. Le Professeur Norman Girvan est le secrétaire général de l'Association des Etats de la Caraïbe. Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions officielles de l'AEC. 4 octobre 2001
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