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Les atrocités du 11 septembre avaient provoqué une obsession compréhensible pour la prévention d'actes futurs du même genre. Dans un premier temps, on a opté pour l'action militaire, les procédures de sécurité accrues et le ciblage des terroristes et des groupes terroristes. Des déclarations récentes d'Amnesty International et du Commissaire aux Droits de l'homme de l'ONU ont soulevé des préoccupations qu'une poursuite unilatérale de la sécurité risque d'être effectuée au détriment des droits de l'homme fondamentaux et de l'autorité de la loi à l'échelle internationale. La Convention interaméricaine sur le Terrorisme, adoptée à l'occaion de l'Assemblée Générale de l'OEA, a tendance à refléter la perspective dominante de la lutte contre le terrorisme. Ses trois premiers articles les plus importants visent à limiter le blanchiment d'argent et le financement des groupes terroristes. D'autres ont trait à la coopération en matière de contrôles sur les frontières ainsi qu'entre les autorités chargées de l'application de la loi, l'entraide légale, le transfert des détenus, l'inapplicabilité de l'exception pour délit politique, le refus du statut de réfugié et le refus du droit d'asile aux terroristes présumés. Mais les échanges entre les ministres des Affaires étrangères et la Déclaration finale de l'Assemblée sur le terrorisme avaient une portée sensiblement différente. Le Premier ministre de la Barbade a donné le ton dans son discours d'ouverture. Il a affirmé qu'une définition sensée de la sécurité ne peut se limiter aux opérations militaires traditionnelles, mais qu'elle doit adopter une approche intégrée qui aborde les conditions qui sont à l'origine de l'instabilité sociale telles que le VIH/SIDA, le trafic d'armes et de drogues illicites, le crime transnational, les catastrophes écologiques et la pauvreté, qui afflige quelques 170 millions de personnes dans l'hémisphère. L'approche multidimensionnelle était le thème officiel de la 32e Assemblée Générale, et elle a été basée sur une présentation de la délégation de la Barbade qui a suggéré qu'il existe " un lien inextricable entre l'exclusion économique, la pauvreté, le conflit, l'apathie et (le) désenchantement de nos citoyens ", et que lorsque ces derniers coexistent, ils constituent " les causes premières du terrorisme ". Cet argument a provoqué un avis divergent de la délégation des Etats-Unis. La présentation de la Barbade a exposé de façon approfondie les facteurs responsables du terrorisme auxquels avait fait allusion le Premier ministre, et a demandé que les mécanismes existants soient affinés et que des solutions novatrices à ces problèmes soient trouvées. Cette approche a été soutenue par plusieurs autres délégations, dont certaines ont indiqué que les mesures protectionnistes dans le secteur sidérurgique et agricole par l'économie la plus importante de l'hémisphère pourraient accroître l'insécurité économique dans d'autres pays de la région. La Déclaration de Bridgetown, adoptée par la réunion, sanctionne officiellement l'approche multidimensionnelle. Elle convient que la sécurité de l'hémisphère englobe des facteurs politiques, économiques, sociaux, sanitaires et environnementaux, et que le sujet de la sécurité multidimensionnelle devrait figurer à l'ordre du jour de la Conférence spéciale de l'OEA sur la Sécurité, prévue pour 2003 au Mexique, lors de laquelle les questions seront réexaminées de façon plus approfondie. Tenue dans un des plus petits pays de l'hémisphère, la réunion de l'OEA a fourni une preuve convaincante qu'un petit pays peut non seulement être beau, mais qu'il est aussi capable de prendre des responsabilités et d'organiser avec une très grande efficacité des événements internationaux. Les délégués ont comblé le pays d'accueil d'éloges pour son hospitalité, les préparatifs méticuleux et la compétence de la présidente de la Conférence, le Premier ministre adjoint et ministre des Affaires étrangères de la Barbade, Mme Billie Miller. Après
le succès du Costa Rica en tant que pays d'accueil de la 31e
Assemblée Générale en 2001, la Grande Caraïbe
peut être fière de la Barbade.
(Fin) Le Prof. Norman Girvan est le Secrétaire général de lAssociationd es Etats de la Caraïbe (AEC). Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de lAEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org. le 7 juin 2002 |
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