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SOMMET UE-ALC : ATTRACTIONS ET INTENTIONS NON DECLAREES

Cette semaine dans la Grande Caraïbe

Norman Girvan

Le Sommet Europe-Amérique latine et la Caraïbe (UE-ALC), qui s'est achevé à Madrid le 18 mai, a produit une Déclaration politique, une déclaration sur les valeurs et les positions communes et un Rapport d'évaluation. Mais la véritable action émanait d'une série de mini-Sommets qui ont précédé l'événement principal, ainsi que des intentions non déclarées derrière ces derniers.

 

Des réunions séparées ont eu lieu entre les chefs ou ministres de l'UE et ceux de la Communauté andine, de l'Amérique centrale, du Chili, du MERCOSUR et du Mexique. Le IIe Sommet Espagne-Caricom a aussi eu lieu.

L'Europe semble résolue à suivre une approche " par étapes " dans ses relations avec les différentes sous-régions. La Ie Etape est la négociation et la mise en œuvre d'un accord politique et de coopération. Lors de la IIe Etape ce dernier devient un Accord d'Association, et établit le cadre pour la IIIe Etape, la négociation d'un Accord de libre échange (ALE).

L'Amérique centrale et la Communauté andine espéraient lancer des négociations de libre échange avec l'UE à Madrid. Mais l'Europe a limité son engagement à un accord politique et de coopération qui servirait de base pour la négociation d'un Accord d'Association, qui comprendrait une ALE, en 2004. L'UE a aussi lié ce dernier à l'achèvement du Programme de travail de Doha (OMC) pour un nouveau cycle de discussions en vue d'une libéralisation commerciale.

Le Mercosur (Marché commun du Cône Sud) se trouve à l'Etape I depuis 1995, date à laquelle il a signé un Accord cadre de Coopération avec l'UE. Mais les progrès de ce dernier ont été ralentis par les crises financières survenues au Brésil et en Argentine en 1998 et 2002 respectivement. Madrid a produit guère plus qu'un engagement à tenir une réunion ministérielle plus tard en 2002.

L'Accord de Coopération du Chili avec l'UE date de 1996, et Madrid a confirmé la conclusion de son Accord d'Association et l'entrée dans l'Etape II. Il s'agit peut-être de l'accomplissement le plus tangible du Sommet UE-ALC de 2002.

Le Mexique est parvenu à l'Etape 2 en 2000, date de l'entrée en vigueur de son Accord d'Association avec l'UE. La libéralisation du commerce entre le Mexique et l'UE est déjà en cours, et le commerce bilatéral s'est accru de 28,6 pour cent pendant les 18 premiers mois de l'Accord.

La Caricom et la République dominicaine ont leurs propres arrangements spéciaux avec l'UE dans le cadre de l'Accord de Cotonou avec les pays ACP. Les négociations en vue d'un accord de libre échange, connu sous le nom d'Accord de Partenariat économique régional (APER), commenceront plus tard cette année.

L'objectif à long terme de l'UE consiste à insérer ses relations commerciales avec l'ensemble de l'Amérique latine et de la Caraïbe dans le cadre d'un accord de libre échange réciproque au sein d'un système multilatéral géré par l'OMC. L'achèvement du Programme de travail de Doha est mis en évidence dans les Déclarations du Sommet et peut être jugé une des intentions les plus évidentes de l'événement.

Vu l'Accord de Cotonou, l'intérêt principal de la Caricom à Madrid était le Sommet avec l'Espagne, qui souhaite développer ses relations avec la Caraïbe non-hispanophone. L'Espagne a confirmé son intention de maintenir son adhésion auprès de la Banque de Développement de la Caraïbe (BDC).Une Commission conjointe Espagne-Caricom a aussi été créée, dont la première réunion aura lieu plus tard cette année.

La formation à la langue espagnole est un des domaines de coopération les plus évidents. Le projet de formation linguistique AEC-BDC-OECO, signé récemment lors de la réunion annuelle de la BDC, peut servir à la fois de modèle et de base pour une formation approfondie en langue espagnole dans la Caraïbe anglophone. Le projet pilote profitera aux pays membres de l'Organisation des Etats de la Caraïbe orientale (OECO) et est destiné aux fonctionnaires, aux responsables et au secteur privé.


(Fin)  

Le Prof. Norman Girvan est le Secrétaire général de l’Associationd es Etats de la Caraïbe (AEC). Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de l’AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org.

le 29 mai 2002

   
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