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SOMMET UE-ALC : PARTICIPATION DE LA SOCIETE CIVILE

Cette semaine dans la Grande Caraïbe

Norman Girvan

L'Union européenne s'évertue à obtenir une participation maximale des acteurs non-gouvernementaux lors du prochain Sommet UE - Amérique latine et la Caraïbe à Madrid. Des séminaires sur l'équité sociale, la science et la technologie, les droits de l'homme et la société de l'information ont eu lieu, et un forum de la société civile a été organisé début avril, suivi d'une réunion des Organisations non gouvernementales (ONG) des deux régions plus tard dans le même mois.

 

Parmi les autres événements programmés figurent un forum des affaires, une conférence des évêques, un séminaire sur la sécurité sociale et un forum culturel.

Un sujet d'inquiétude est la mesure dans laquelle les organisations de la société civile de la Grande Caraïbe sont équipées pour participer de façon efficace à ces activités. Il semblerait qu'un seul représentant du Caribbean Policy Development Centre (Centre pour le développement des politiques de la Caraïbe), organisme qui regroupe des ONG de la Caraïbe insulaire, ait assisté aux événements destinés à la société civile, tenus en Espagne. Il est probable que la participation des plus petits pays de la région au Forum des affaires UE-ALC tenu au Mexique la semaine dernière a été réduite.

Les organisations commerciales d'Amérique centrale et de la CARICOM sont sur le point de s'organiser afin d'exercer une influence sur le processus d'intégration et les négociations commerciales dans leurs sous-régions. La semaine dernière, le Conseil des Entreprises d'Amérique centrale s'est réuni afin d'étudier les positions au sujet des négociations de libre échange avec les Etats-Unis. A la Jamaïque, les PDG des sociétés transnationales de la Caraïbe ont proposé un plan d'action à 11 points visant à accélérer la mise en place du Marché et économique uniques de la CARICOM et à impliquer le secteur privé dans les négociations commerciales.

Un autre souci relatif au processus préparatoire UE-ALC est l'absence d'un mécanisme institutionnel pour mettre en œuvre les recommandations des ONG, du milieu des affaires et des universitaires.

La Réunion de la société civile tenue du 17 au 19 mai, à laquelle ont participé 160 personnes, a constaté que peu a été fait pour mettre en œuvre le Plan d'action convenu lors du premier Sommet UE-ALC à Rio de Janeiro en juin 1999, ainsi que les 11 priorités identifiées lors d'une réunion ultérieure à Tuusula. Les priorités établies dans le dénommé Plan d'action de Rio, avaient trait à la coopération dans le domaine des droits de l'homme, du rôle des femmes, de l'environnement et des catastrophes naturelles, du trafic de drogues et d'armes, des forums des affaires, de l'éducation et de la recherche.

Les représentants de la société civile ont aussi signalé que l'aide au développement apporté par l'Europe a baissé pendant les dernières années alors que la pauvreté et l'inégalité sont en train d'augmenter en Amérique latine et dans la Caraïbe.

L'Association des Etats de la Caraïbe a proposé de jouer un rôle dans la mise en œuvre du Plan d'action de Rio, en facilitant la participation de la Grande Caraïbe aux projets de coopération. Toutefois, une délégation de l'AEC à Bruxelles a été informée qu'il n'existe pas de dispositif de financement spécifique, dans le budget d'aide de l'UE, destiné à la mise en œuvre des projets contenus dans le Plan de Rio. Par ailleurs, le Sommet UE-ALC dispose d'une structure multilatérale et n'attache pas beaucoup d'importance aux organisations régionales.

Cela met en cause la capacité du Sommet à respecter les engagements qu'il prendra dans le cadre du Plan d'action de Madrid. Les bonnes idées ne font pas défaut, et le Forum UE-ALC pour la société civile a fait des propositions sur la résolution du problème de la dette, la coopération au développement et le besoin d'étendre les accords d'association à tous les sous-régions d'Amérique latine et de la Caraïbe, en appliquant le principe du traitement différencié et spécial pour les pays vulnérables. On a aussi attiré l'attention sur le fait que les processus d'intégration doivent aller au-delà de la libéralisation du marché et permettre une justice sociale, une équité et une durabilité environnementale.

Le vrai défi consiste à mettre ces dernières en pratique. Il conviendrait que l'UE soit plus cohérente et proactive dans ses politiques à l'égard de l'Amérique latine et de la Caraïbe, pour que le Sommet de Madrid fasse une différence.


(Fin)  

Le Prof. Norman Girvan est le Secrétaire général de l’Associationd es Etats de la Caraïbe (AEC). Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de l’AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org.

29 avril 2002

   
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