|
Il se peut que la décision ait déçu certaines personnes dans les deux sous-régions et en Europe qui espéraient voir commencer des négociations sur l'Accord de Libre échange et/ou de Partenariat entre l'UE d'un côté et l'Amérique centrale et la Communauté andine de l'autre. Les accords de partenariat
peuvent être élaborés sur le principe de ceux signés
avec les anciennes républiques de Macédoine et de Croatie
et avec la région de la Méditerrannée de l'Est
et du Sud, l'accord Euro-méditerrannéen de 1995. Les accords
de libre échange pourraient s'inspirer de ceux que l'UE est en
train de négocier avec des sous-régions en Amérique
latine et dans la Caraïbe. Cependant, il semble que la Commission européenne (CE) et quelques autres pays, y compris la France, sont d'avis qu'il faudrait encourager les deux sous-régions à renforcer leur intégration avant de considérer un accord de partenariat ou de libre échange. Une mention a également été faite sur le fait qu'il serait plus approprié d'attendre les conclusions de la proposition de négociations commerciales Doha Round avec l'Organisation mondiale du commerce, avant d'entamer des négociations. Au bout du compte, l'UE l'a emporté. La proposition de dialogue politique et les Accords de coopération endossés par les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont trois objectifs (i) la stabilité politique à travers la démocratie, les droits de l'Homme et la bonne gouvernabilité, (ii) la continuation du processus d'intégration régionale (iii) la réduction de la pauvreté et la croissance économique. Des négociations sur le libre échange pourraient être entamées une fois que de tels accords sont en place. Entre temps, le Système généralisé de préférences (SGP) continuera d'être utilisé dans le cadre de l'expansion du commerce avec l'UE. La décision confirme une approche de différenciation marquée pratiquée dans l'UE envers l'Amérique centrale et la Communauté andine en comparaison à l'approche utilisée pour le Mexique, MERCOSUR, le Chili et les membres de la Caraïbe du Groupe ACP, où des négociations sur le libre échange sont prioritaires. Ceci démontre également la diversification qui existe dans l'agenda sur les négociations commerciales des divers sous-groupes de l'Association des Etats de la Caraïbe (AEC). Par exemple, l'Amérique centrale devrait négocier un accord de libre échange avec les Etats-Unis mais pas avec l'UE; alors que les pays de CARIFORUM entameront des négociations sur le libre échange avec l'UE et pas avec les Etats-Unis. Les deux sous-régions participent cependant aux négociations de l'ALEA et de l'OMC. C'est également le cas de la Communauté andine et du Mexique, qui, tous deux ont leurs propres accords commerciaux avec les Etats-Unis, avec en outre le Mexique ayant un accord cadre avec l'UE. Il s'agit de coordonner ces divers agendas en une conception commune du traitement des plus petites économies dans le cadre de l'ALEA quant au traitement spécial et différentiel de l'OMC. C'est précisément là l'objectif de la session d'échange d'idées organisée par l'AEC à Port d'Espagne en mai, sitôt la fin du Sommet de Madrid. Un suivi de la situation sera assuré.
(Fin) Le Prof. Norman Girvan est le Secrétaire général de lAssociationd es Etats de la Caraïbe (AEC). Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de lAEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org. 24 avril 2002 |
|
|
Association des Etats
de la Caraïbe ©
2002
Envoyez vos questions/commentaires/suggestions à : 5-7 Sweet Briar Road, St. Clair, P.O. Box 660, Port of Spain, Trinidad and Tobago West Indies Tel: (868) 622 9575 | Fax: (868) 622 1653 mail@acs-aec.org |