|
Les Sommets reflètent l'accroissement de l'intérêt économique et politique de la région d'Amérique latine et de la Caraïbe pendant les 20 dernières années. L'UE est la deuxième partenaire commerciale de la région, le commerce total s'élevant à plus de EUR 100 milliards par an. Le marché latino-américain est particulièrement important pour les exportations de machines, d'équipement et de produits chimiques en provenance d'Europe. L'UE absorbe une partie importante des exportations de produits agricoles de la région, notamment des pays du Marché commun du Cône sud (MERCOSUR) et du Chili, dont l'UE est la partenaire commerciale la plus importante. L'UE est aussi la principale donatrice en matière de financement au développement dans la région. Ses subventions s'élèvent à environ EUR 581 million par an et sont supérieures à celles des Etats-Unis. Dans ce contexte, les pays Afrique Caraïbe et Pacifique (ACP) sont en train de perdre leur position privilégiée dans les relations commerciales et d'aide de l'UE. Les membres de l'ACP originaires de la Caraïbe comptent environ moins de 8 pour cent du commerce de l'UE avec l'Amérique latine et la Caraïbe et moins de 14 pour cent de sa subvention en faveur du développement de la région. Toutefois, les relations entre l'Europe et la région sont organisées autour d'une série d'accords sous-régionaux et bilatéraux, plutôt que bi-régionaux. Il y a l'Accord de Cotonou, un traité de commerce et de développement entre l'UE et le Groupe ACP, qui comprend les pays de la Caraïbe appartenant à l'ACP. Il existe aussi des accords séparés avec l'Amérique centrale, la Communauté andine et le Groupe de Rio. Les accords couvrent généralement la coopération économique et le dialogue politique, les relations commerciales étant généralement régies par des concessions unilatérales accordées dans le cadre du Système de préférences généralisé (SPG). Un Accord de partenariat économique, de coopération politique et de coopération avec le Mexique est entré en vigueur en 2000. Des négociations sont en cours en vue d'un Accord de libre échange avec le MERCOSUR ainsi que le Chili. Les Sommets UE-ALC ont été destinés à relier ces derniers dans un partenariat stratégique global, dans le cadre de la stratégie mondiale de l'UE de régionalisation de ses relations avec le monde en développement dans le cadre de la mondialisation et de la période de l'après-guerre froide. Mais ce qui manque à la stratégie c'est un cadre institutionnel. Il n'existe aucun accord global avec l'ensemble de l'Amérique latine et de la Caraïbe, et aucun n'est projeté. Les espoirs antérieurs que l'accord de libre échange UE-MERCOSUR serait conclu au Sommet de Madrid ont été anéantis à cause de la crise en Argentine. Il est probable
que le Sommet se contentera de dialoguer au sujet de questions d'actualité
telles que la démocratie et la gouvernance, le multilatéralisme,
l'intégration régionale, la justice sociale et la diversité
culturelle. Ces questions qui seront d'autant plus urgentes à
la lumière des évolutions politiques récentes dans
la région.
(Fin) Le Prof. Norman Girvan est le Secrétaire général de lAssociationd es Etats de la Caraïbe (AEC). Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de lAEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org. 12 avril 2002 |
|
|
Association des Etats
de la Caraïbe ©
2002
Envoyez vos questions/commentaires/suggestions à : 5-7 Sweet Briar Road, St. Clair, P.O. Box 660, Port of Spain, Trinidad and Tobago West Indies Tel: (868) 622 9575 | Fax: (868) 622 1653 mail@acs-aec.org |