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PARITE DE L’ALENA: APPLICATION DE CERTAINES RESTRICTIONS Cette semaine dans la Grande
Caraïbe Norman Girvan Le Congrès des USA a enfin
promulgué en 2000 la Loi sur l’association commerciale du
bassin des Caraïbes (CBTPA), connue sous le nom de Projet de loi sur la
parité de l’ALENA, après des années de pressions des pays d’Amérique
centrale et de la CARICOM. La
CBTPA étend le même type d’avantages que ceux découlant de
l’ALENA aux vêtements et à certains autres produits qui avaient été
exclus de la Loi originelle sur le redressement économique du bassin
des Caraïbes (CBERA), datée de 1983. Les importations américaines réalisées
au titre de la CBERA ont diminué, passant de 3,2 milliards de $ US en
1998 à 2,6 milliards en l’an 2000,
soit d’un pourcentage de 19 pour cent à un pourcentage de 12 pour
cent du total des importations des USA en provenance des pays du bassin
de la Caraïbe. L’objectif de la CBTPA est d’inverser cette tendance.
2001 a été la première
année complète de mise en application de la CBTPA ; un récent
rapport du Bureau des représentants des Etats-Unis pour les questions
commerciales (USTR) offre
la possibilité d’évaluer ses répercussions jusqu’à présent. Il est clair que les
exportateurs de la région font grand usage des dispositions de la CBTPA.
Au cours des huit premiers mois de 2001, les envois à destination des
Etats-Unis réalisés au titre de la CBERA représentaient près du
double du taux de l’année précédente,
soit environ 24% du total des importations des Etats-Unis en
provenance du bassin des Caraïbes. Mais le rapport de l’USTR
attribue en grande partie ce fait à l’introduction de modifications
qui permettent d’inclure dans les nouvelles catégories commerciales
préférentielles les exportations de vêtements qui
faisaient autrefois l’objet d’une exclusion. Il fait observer
que le volume total des importations des USA en provenance du bassin des
Caraïbes ont en fait diminué pendant les 8 premiers mois de 2001. L’une des raisons est liée
aux critères d’éligibilité des produits conformément à la CBTPA.
Pour avoir droit à l’application des dispositions relatives à
l’exemption de taxes et de contingents, les vêtements exportés par
la région doivent être confectionnés dans des tissus fabriqués à
partir de fils américains et coupés aux Etats-Unis. Si le tissu est
coupé dans la région, il doit être originaire des Etats-Unis et cousu
avec du fil provenant des Etats-Unis. Sont également admis les
tissus fabriqués dans la région, mais seulement s’ils sont fabriqués
à partir de fils américains ; par ailleurs, le taux de croissance
annuelle est limité à 16 pour cent par an pour ces produits
Autrement dit, certaines
restrictions s’appliquent. Quelques exportateurs de vêtements du
bassin des Caraïbes ont donc tout simplement modifié leurs
importations à destination des Etats-Unis pour avoir droit au
traitement accordé en
vertu de la CBTPA. Il existe un autre type de
restriction : les pays du bassin des Caraïbes sont tenus
d’adopter le même type
de procédures douanières que l’ALENA pour leurs exportations, d’où
des problèmes pour «l’application de certaines dispositions légales
dans le cadre des règlements techniques régissant les importations »,
pour citer le rapport. Jusqu’à la fin de l’an
2001, 10 des 24 pays ne satisfaisaient pas encore aux conditions
exigées par la CBTPA. Le rapport de l’USTR
montre que la République dominicaine et cinq pays d’Amérique
centrale représentaient 82 pour cent des exportations vers les USA réalisées
au titre de la CBERA/CBTPA au cours des huit premiers mois de 2001.
Trinité-et-Tobago est le
principal exportateur de la CARICOM dans le cadre de la CBERA/CBPTA, le
méthanol étant son principal produit d’exportation. La tendance à
une expansion rapide s’est poursuivie, avec des exportations représentant
au total 445 millions de $
US au cours des huit premiers mois de l’an 2000. La Jamaïque est le seul
grand exportateur de vêtements de la CARICOM, mais il n’est pas évident
que ce soit le recours des exportateurs jamaïcains à la CBTPA qui ait
stimulé la reprise espérée du secteur des vêtements.
Cet exemple contribue à expliquer l’intérêt porté par les pays d’Amérique centrale et la République dominicaine à un accord de libre-échange avec les USA et l’impact relativement limité de la CBERA sur les exportations de la région jusqu’à présent.
(Fin)
Le Prof. Norman Girvan est le Secrétaire général de l’Associationd es Etats de la Caraïbe (AEC). Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de l’AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org. 15 mars 2002
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