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UNE QUESTION DE LIBERTE Cette semaine dans la Grande
Caraïbe Norman Girvan Castries, la capitale de Sainte-Lucie, est situé à
2838 kilomètres à l’est de Tegucigalpa, la capitale du Honduras ;
une distance qu’on pourrait couvrir en quatre heures et demie environ
par jet commercial. Mais en empruntant les services aériens
actuellement disponibles, ce voyage prend 12 heures, avec escales à San
Juan, Miami et San Pedro Sula. La durée est à peu près identique à
celle du vol de Castries à Londres, une distance plus de deux fois plus
grande. Le voyage aller et retour au Honduras coûtera le voyageur
sainte-lucien US$1.600, comparativement à $980 pour le voyage à
Londres. D’autres voyages intra-régionaux dans la Grande
Caraïbe, une escale d’une nuit s’impose, avec les frais d’hôtel
supplémentaires et le temps passé en route.
Il existe 47 principaux aéroports dans les 28 membres
et membres associés de l’AEC. Une étude menée en 1998 a démontré
qu’aucun membre de l’AEC ne desservait même un tiers de ces aéroports
par des services quotidiens directs.
La Barbade, qui dessert le plus d’aéroports, assure un service
quotidien direct vers 15 d’entre eux (28 pourcent), dont presque tous
se situent dans la région de la CARICOM. Le Panama en desservait 12 et
Antigue et Guatemala, 10 chacun, la plupart étant situés au sein de
leurs sous-régions respectives. Il est significatif qu’aucun service
quotidien direct ne relie les sous-régions de la Caraïbe de l’Est et
de l’Amérique centrale. Le problème du transport aérien est actuellement
reconnu comme constituant un des principaux obstacles à la croissance
du commerce et des investissements intra-régionaux. Par exemple, des
services améliorés sont manifestement nécessaires afin de tirer
profit des nouveaux accords commerciaux qui traversent les frontières
sous-régionales, tels que ceux conclus entre la CARICOM et le
Venezuela, la Colombie, la République dominicaine et Cuba. Cela
s’applique également au développement du tourisme intra-régional et
multi-destination, des composants clé de la diversification du marché
et des produits de l’industrie. Le problème ne peut être abordé avec succès que
par des efforts conjoints des gouvernements et du secteur privé. Pour
les gouvernements la question d’un accord légal sur les « droits
de liberté » du trafic aérien est fondamentale. Dans le passé,
les gouvernements ont négocié ce type d’accords de façon bilatérale
et réciproque. Mais la plupart des pays de l’AEC n’ont pas conclu
d’accords bilatéraux les uns avec les autres. Et les accords bilatéraux
existants ont tendance à limiter les « Droits de 5e
liberté » des lignes aériennes des Parties participantes —les
droits de trafic avec des pays tiers. Des restrictions de capacité sur
les services fournis sont aussi fréquentes. La réalité est que la présence sur les routes
intra-caribéennes de lignes aériennes régionales qui ne sont pas basées
dans le pays d’origine ou de destination, est soit interdite soit
autorisée uniquement suite à une négociation au cas par cas. Un résultat
pervers de ce qui précède c’est que Miami est devenu le centre de
transbordement régional, et American Airlines la compagnie aérienne régionale
pour les pays de la Grande Caraïbe. Il est évident que nous avons besoin d’une approche collective, concrétisée dans un accord multilatéral, et basée sur le principe de traiter les compagnies aériennes régionales comme étant l’équivalent des compagnies aériennes nationales lorsqu’elle desserviront les routes intra-caribéennes. Cette pensée est à la base de la proposition d’Accord de Transport aérien de l’AEC, qui se trouve actuellement dans les étapes finales de négociation. Le IIIe Sommet de l’AEC en décembre 2001 a préconisé la conclusion rapide de cet accord. Toutefois, cela passera par des décisions politiques dures et des négociations difficiles, étant donné que le régime actuel d’accords bilatéraux profitent aux plus grandes compagnies aériennes établies, et que certains gouvernements hésitent à céder les droits pour les routes rentables par le biais d’un instrument multilatéral.
(Fin) Le Prof. Norman Girvan est le Secrétaire général de l’Associationd es Etats de la Caraïbe (AEC). Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de l’AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org. le 4 janvier 2002
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