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DEVELOPPEMENT, DEMOCRATIE ET POLITIQUE
Cette Semaine dans la Grande Caraïbe Rubén Silié
Durant le
dernier trimestre du vingtième siècle on a assisté en Amérique latine
et dans la Caraïbe au développement de mouvements sociaux importants,
expression des aspirations au changement ressenties dans les secteurs
sociaux les plus exploités de ces sociétés. Certains d’entre eux ont
été menés par les travailleurs, d’autres par les groupes religieux ou
les étudiants, mais tous se tournaient autour des revendications
sociales et économiques provoquées par les politiques d’ajustement au
sein de la région. |
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Au cours de ces années, les dictatures ou gouvernements autoritaires étaient toujours prédominantes comparativement aux gouvernements vraiment démocratiques. Toutefois, on peut dire que ces luttes sociales ont débouché sur une succession de gouvernements véritablement démocratiques, dont nous pouvions tous nous sentir fiers. Mais cet état de démocratie idéale était ainsi qualifié du fait de la tenue d’élections libres. On peut affirmer que les changements survenus dans la plupart des pays comme suite aux situations conflictuelles qui ont précédé les gouvernements démocratiques, ont réussi parce que les forces nationales (internes) ont convenu d’un processus de négociation qui a débouché sur l’organisation de processus électoraux. Il faut absolument s’en vanter car dans certains cas ce processus a renversé une dictature comme c’est le cas de l’Haïti, dans d’autres il a mis fin à une répression gouvernementale comme au Brésil ou à un mouvement armé comme en Amérique centrale. Mais dans tous ces pays on a convenu d’entreprendre des démarches pour impulser à la fois la démocratie et le développement social et économique. Actuellement, le continent se sent troublé car il se produit dans chacune des régions des mouvements tendant à l’instabilité politique, en raison de la remise en cause des institutions actuelles et en particulier des exigences faites aux gouvernements par plusieurs de secteurs de la population. Dans certains d’entre eux les réclamations résultent de la politique d’hydrocarbures, dans d’autres de la dette sociale, dans d’autres encore de l’opposition à la signature d’accords de libre-échange. Dans d’autres pays le gouvernement est à l’origine des changements tandis que l’opposition d’y oppose. Dans un autre cas très particulier la population se mobilise pour défendre les immigrés. Bref, la région s’agite à nouveau. Tout semble indiquer que nous restons en arrière en ce qui concerne l’exécution des accords. Aussi, au lieu d’accorder une priorité aux mécanismes de contrôle ou d’intervention tendant à défendre la démocratie, il nous appartient en priorité de retourner aux engagements en vue du développement, car dans chacun des pays lorsqu’on met en balance les progrès sociaux et l’aspect politique, il est incontestable que le premier est déficitaire par rapport au deuxième. Les démocraties sont exténuées en ce qui concerne l’engagement à offrir une meilleure participation politique et une citoyenneté de qualité, qui contribueraient à surmonter les effets de l’inégalité et de la pauvreté. Ces dernières années nous nous trouvons davantage en proie aux problèmes sociaux causés par le sous-développement que par les divergences idéologiques en tant que tel. En dépit de l’existence de ces dernières, elles n’occupent pas une place prioritaire dans l’ordre du jour de nos sociétés. Nous avons reçu dernièrement les études sur « La Démocratie en Amérique latine » qui mettent en évidence une série d’aspects essentiels au renforcement du système politique de la région, mais tous conviennent du besoin d’assumer les engagements relatifs au développement social. Ce même rapport montre l’urgence d’assumer ces engagements car ceux susceptibles de soutenir des départs non démocratiques appartiennent aux secteurs les plus touchés par la pauvreté. « Les personnes non démocratiques appartiennent généralement aux groupes les moins éduqués, dont la socialisation a eu lieu essentiellement durant des périodes autoritaires, qui ont peu d’attentes de mobilité sociale et une grande méfiance à l’égard des institutions démocratiques et des hommes politiques. » Renouvelons le dialogue sur le développement social et la démocratie afin de surmonter la pauvreté et d’éviter l’autoritarisme.
Le
Dr Rubén Silié Valdez est le Secrétaire Général de l’Association des
Etats de la Caraïbe.
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de l'AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles
à mail@acs-aec.org. le 06 juin 2005
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