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L’EUROPE ET LA GRANDE CARAIBE
Cette Semaine dans la Grande Caraïbe Luis Carpio
Nous
assistons depuis trop longtemps à un débat hémisphérique sur la forme
que prendrait la mondialisation dans un monde globalisant, les
différents chefs débattant si l’intégration globale prendrait la
forme d’un écheveau complexe d’accords bilatéraux ou si elle se
trouverait plutôt reléguée à une simple légende où les « forteresses »
régionales mèneraient la barque. |
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Heureusement, ce débat peut d’ores et déjà être mis en veilleuse en tant que discussion théorique car, bien que certains pays continuent de prétendre à des accords bilatéraux, en particulier avec les Etats-Unis, l’impulsion croissante vers la création de blocs a pris de l’essor dans notre région avec la mise en place de nouveaux arrangements et le renouveau de ceux déjà en existence. Ce qui est plus significatif, toutefois, c’est que non seulement ces blocs sont-ils définis de plus en plus comme étant plus que de simples arrangements commerciaux dans la Grande Caraïbe et le sous-continent sud-américain, mais qu’ils sont sur le point d’encadrer notre intégration dans le monde globalisé, si seulement nous les laissions faire. La structure de l’AEC est fondée sur « l’approche modulaire » à l’intégration régionale, décrite de façon plus frappante par Michael Manley de Jamaïque il y a plus de quatre décennies en tant qu’approche « cercles concentriques ». Par exemple, l’Organisation des Etats de la Caraïbe orientale (OECO) fait partie de la CARICOM ; la CARICOM a ouvert ses portes au Surinam et à Haïti, et la CARICOM, la République dominicaine et Haïti constituent le CARIFORUM, la partie Caraïbe du Groupe Afrique-Caraïbes-Pacifique de la Convention de Lomé. Il existe également des liens étroits entre la CARICOM et Cuba. De plus, il y a des relations institutionnalisées entre la CARICOM et le G-3, la CARICOM et l’Amérique centrale et l’Amérique centrale et le G-3. Et bien entendu tous les pays appartenant à ces groupes sous-régionaux sont aussi membres de l’AEC. Dans la période postcoloniale, beaucoup, si ce n’est tous les membres de l’AEC, ont, certes à des degrés différents, profité dans le court et moyen terme de nos différentes relations bilatérales ou autres avec notre métropole d’antan. Dans plusieurs cas, la vue à long terme démontre que ceci n’est plus une option viable. Durant le récent Séminaire Amérique latine et Caraïbes – Union européenne, tenu à l’UWI, sous le parrainage conjoint de l’UE et de l’Institut des Relations internationales, le Professeur Norman Girvan, ancien secrétaire général de l’AEC, a lancé un appel passionné à la sensibilisation concernant l’avenir des relations entre l’UE-Amérique latine et la Caraïbe. Il a expliqué que (et il voudra bien excuser la sursimplification) l’expansion récente de l’UE pour inclure dix membres de l’Europe de l’Est fait que nos amis particuliers en Europe sont actuellement minoritaires, à un moment où l’UE devra regarder vers l’intérieur afin d’absorber les nouveaux pays de façon durable. Au cours de ses 10 ans, l’Association des Etats de la Caraïbe a entretenu des liens importants avec bon nombre d’Etats membres de l’UE. Cela s’est traduit par la réalisation de contributions financières et techniques significatives aux causes de la Grande Caraïbe dans les domaines du transport, des catastrophes naturelles, du commerce et du tourisme durable. L’AEC a été encouragée davantage lorsqu’en 2004, le Sommet Amérique latine et Caraïbes – Union européenne, dans la Déclaration de Guadalajara, a reconnu l’AEC comme « une importante entité régionale, à travers laquelle il est possible d´approfondir et de consolider la coopération entre l´Union Européenne et l´Aire de la Grande Caraïbe ». Si cette tendance se maintient, on assistera dans un avenir immédiat à une croissance de nos relations avec les pays de l’Union européenne, ainsi qu’à l’opérationnalisation institutionnelle du souhait exprimé dans la Déclaration Guadalajara, où l’AEC et l’UE pourront consolider cette synergie modulaire afin d’éviter le chevauchement et la duplication d’efforts, en profitant pleinement des économies d’échelle implicites dans la coopération régionale.
M.
Luis Carpio est le directeur des Catastrophes naturelles et du Transport
de l’Association des Etats de la Caraïbe. Les opinions exprimées ne sont pas nécessairement les opinions officielles
de l'AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles
à mail@acs-aec.org. le 03 juin 2005
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