VERS
LA ZONE DE COOPERATION DE LA GRANDE CARAIBE
Cette semaine dans la Grande
Caraïbe Norman Girvan La Déclaration
de Margarita, adoptée lors du IIIe Sommet des Chefs d’Etat
et de gouvernement de l’AEC les 11 et 12 décembre, commence par un
engagement à faire de la région de la Grande Caraïbe une Zone de coopération.
Grâce à cette mission, l’AEC a acquis une identité et une
personalité distinctes en tant qu’organisation régionale. Il existe actuellement quelques 2 050 organisations
internationales et régionales. Les
organismes régionaux s’occupent soient de l’intégration, comme la
CARICOM et l’Union Européenne (UE) ; soit de la coopération
fonctionnelle. Certaines organisations de coopération s’occupent
d’un secteur spécifique comme la sécurité (par ex. l’OTAN) ou la
santé (par ex. l’OPS). D’autres
promeuvent la coopération à travers une large gamme de secteurs ayant
un intérêt commun pour les pays d’une région particulière. Le
libre échange et l’intégration économique peuvent figurer ou non
parmi les objectifs, mais l’organisation trouve se raison d’être
dans la coopération fonctionnelle en poursuivant des intérêts communs
autour d’un espace géographique partagé. Voilà ce qui constitue une
Zone de coopération. Un exemple bien connu d’un tel groupement est
l’Association des Nations d'Asie du Sud-Est (ANASE). Créée en 1967,
l’ANASE englobe actuellement 10 des principaux Etats de la région
d’Asie du Sud-Est, avec une population totale de 500 millions et un
PIB de $685 millards. La taille de l’AEC est à peu près comparable
– sa population s’élève à 228 millions et son PIB est de $750
millards. L’année prévue pour la création de la Zone de
libre échange de l’ANASE est 2008, mais le commerce au sein de
l’ANASE s’élève déjà à $71 millards. Outre le commerce,
l’ANASE englobe la Culture et l’Information, la Science et la
Technologie, et le Développement social.
Un autre exemple est la Zone de coopération économique
de la Mer noire (CEMN) ; un groupement de 11 Etats limitrophes de la mer
Noire, qui a pour but d’assurer que cette dernière devienne une mer
de paix, de stabilité et de prospérité. La CEMN développe une coopération
dans neuf secteurs différents. Y sont impliqués les gouvernements, les
parlements, les entreprises privées, le secteur bancaire et financier
et le milieu universitaire et scientifique. Elle a créé le Conseil des
affaires de la CEMN, le Centre international d’études sur la Mer
noire et le réseau d’Universités de la Mer noire. Elle est en train
de promouvoir un Programme pour l’Environnement de la mer Noire.
L’ANASE et la CEMN démontrent que le fait de
partager un espace géographique commun constitue un argument puissant
en faveur de la coopération régionale, et que cela crée une dynamique
indépendante du programme de libre échange, dans des secteurs comme la
sécurité régionale, le transport, et l’environnement. L’évolution
de l’ANASE durant 34 années démontre également la valeur de
“commencer petit” tout en “pensant grand”.
L’AEC a judicieusement choisi de concentrer ses
efforts de développement d’une Zone de coopération sur les quatre
secteurs prioritaires du commerce,
du tourisme durable, du
transport
et des catastrophes naturelles. Pour chacun de ces quatre secteurs, la Déclaration
et Plan d’Action de Margarita définit des actions à réaliser au
cours de deux prochaines années. Parmi ces dernières figurent la réduction
des obstacles au commerce au sein de l’AEC, et la coordination des
positions dans les forums internationaux au sujet du traitement des économies
de petite taille ; la conclusion d’un accord de transport aérien
parmi les Etats membres afin de faciliter les voyages aériens au sein
de la région ; la mise en oeuvre complète de la Convention sur la Zone
de Tourisme durable de la Caraïbe ; et la ratification de l’Accord de
l’AEC sur les Catastrophes naturelles. La liste complète a été
publiée sur le site de l’AEC afin de faciliter la participation de la
société civile à travers les retours d’information, et le suivi de
la mise en oeuvre.
(Fin) Le Prof. Norman Girvan est le Secrétaire général de l’Associationd es Etats de la Caraïbe (AEC). Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de l’AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org. 27
decembre 2001
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