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HAITI VISITEE PAR LA PAIX
Cette Semaine dans la Grande Caraïbe Rubén Silié Nous avons tous attendu la fin du dernier conflit haïtien, éclaté avec le départ du président Aristide, qui a été contraint de quitter le pouvoir par les forces étasuniennes. Ces dernières ont été rejointes presque simultanément par d’autres gouvernements régionaux, jusqu’à ce que soit constituée une force de l’Organisation des Nations Unies qui a reçu mandat de mettre en œuvre un plan de pacification dans la nation caribéenne voisine.
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Il semblerait que le fait que les forces étrangères ne soient pas entrées dans ce pays munies d’un accord préalable entre les principaux acteurs de la politique haïtienne, ait produit une vague de violence incessante, avec une modalité toujours changeante. Cela, après avoir tenté de mettre en pratique bon nombre de plans de désarmement de la population civile et des anciens membres de l’armée duvaliériste. Par ailleurs, on a inclus dans le programme de normalisation politique la tenue d’élections en vue de l’institution d’un nouveau gouvernement pour remplacer le gouvernement provisoire. Cette tâche a été entamée avec la nomination des autorités électorales, qui ont initié leur travail immédiatement, non seulement à travers l’organisation interne du processus, mais en se procurant une aide internationale pour observer d’autres processus électoraux, dans une tentative d’assurer une bonne gestion de ce processus. Mais l’aspect le plus encourageant pour ce pays appauvri a été la promesse d’aide reçue de la communauté internationale, qui, associée à l’intervention militaire, a offert à Haïti des capitaux nécessaires pour entreprendre son décollage vers le développement, qu’elle a attendu depuis tant d’années. Cependant, l’aide économique représente certainement la promesse la moins tenue, les ressources limitées arrivant à compte-gouttes et dans des quantités bien inférieures à celles initialement offertes. Avec optimisme, comme il se doit avec la situation haïtienne, il semblerait que quelque chose de positif puisse se passer en Haïti, car durant les dernières semaines certains faits ont survenu qui nous font penser qu’une fenêtre d’opportunité sur la paix est en train de s’ouvrir dans ce pays qui a déjà subi tant de violence au milieu de la pauvreté la plus effrayante. En premier lieu, le gouvernement a créé une commission pour ouvrir les portes à un dialogue national qui permettrait de conclure un accord national sur lequel tous les Haïtiens pourraient s’appuyer pour établir la paix dans leur pays et afin de décider ensemble le chemin à suivre pour surmonter le conflit destructeur qui existe jusqu’à présent. Sur un autre plan, la visite d’une commission du Conseil de Sécurité des Nations Unies vient de prendre fin. Cette dernière a fait une évaluation de la situation actuelle en Haïti, afin de faire des recommandations à l’organisation, visant à contribuer à améliorer la situation haïtienne. De même, le pays a accueilli deux lauréats de prix Nobel : Adolfo Pérez Esquivel et Rigoberta Menchú. Le premier a travaillé avec un groupe d’organisations non-gouvernementales à l’évaluation de la situation interne en Haïti, dans une tentative d’aider le pays à sortir de la crise. De nombreuses recommandations ont été faites à ce sujet. Toutefois, il a fait ressortir sa vision selon laquelle « le problème haïtien n’a pas un caractère militaire », mettant en évidence le soutien économique par le biais de contributions financières non remboursables. Pour sa part, la guatémaltèque a mis l’accent sur la voie du dialogue en tant que mécanisme pour sortir de la crise, mais elle a affirmé que ce dernier ne devait pas être exclusif mais respectueux et diversifié. A cet égard, son discours a été très clair lorsqu’elle a indiqué « s’il n’existe qu’une vérité, elle se transforme parfois en exclusion ». Espérons que ces messagers laisseront dans leur sillage une piste de compréhension et de tolérance, voire une auréole de paix qui se renforcerait jusqu’à ce qu’elle devienne un cercle qui ne laisserait pas de place à la confrontation. Dans cet effort, il appartiendrait aux Haïtiens de prendre conscience de l’importance d’un dialogue inclusif et à la communauté internationale de ne pas perdre l’intérêt et la volonté d’y apporter un soutien significatif.
Le Dr
Rubén Silié Valdez est le secrétaire général de l’Association des Etats
de la Caraïbe. Les opinions
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à mail@acs-aec.org. Le 20 avril 2005
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