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PAS D’ INTEGRATION A LA CARTE
Cette Semaine dans la Grande Caraïbe Luis Carpio “La terre promise est un état
d’esprit” Bien que l’on ait à diverses reprises avancé que la Grande Caraïbe constituait une réalité indéniable de divers points de vue (géographique, culturel, politique, économique etc.) une génération au moins s’est dans l’ensemble axée sur le coté commercial de l’équation, pensant vraisemblablement que, selon le modèle européen, les autres intérêts s’aligneraient sur ceux à caractère commercial. Autrement dit, une fois que les nations se seraient constituées en blocs commerciaux en exploitant leur potentiel, elles prendraient vite conscience des avantages, voire de la nécessité, d’une cohésion dans d’autres domaines. |
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Bien que le modèle européen constitue indéniablement l’exemple le plus utile quand aux leçons à en tirer, même avec ses faux pas occasionnels, la Grande Caraïbe doit éviter de copier un modèle importé qui omet de reconnaître qu’à l’heure actuelle, l’intégration régionale doit être un projet polyphacétique qui admette des décisions et des actions simultanées dans les différents domaines de la vie politique, économique, sociale et culturelle d’un pays. Il faut aussi noter que, même si l’expérience européenne a débuté en tant qu’expérience économique et commerciale, les fondateurs de l’Union ont vite reconnu la nécessité d’un type d’intégration plus poussé pour traiter certains des déséquilibres inhérents au modèle. La libéralisation du commerce, en particulier dans une région comme la nôtre, avec des économies de différentes tailles et divers niveaux de développement, est à elle seule insoutenable en l’absence de coopération et (pourquoi pas ?) de coordination des politiques extérieures, d’harmonisation politique et sociale, de développement économique et culturel. Non seulement nous ne bénéficions pas de l’avance considérable de plusieurs centaines d’années que l’Europe avait sur nous au départ, mais nous subissons jusqu’à présent le poids de notre héritage colonial et néo-colonial qui, malheureusement, nous a conduits à nous tourner mutuellement le dos, à rechercher l’espoir de l’autre côté de l’Océan, et non dans notre propre mer, alors qu’un Plan Marshall pour la Caraïbe est improbable et que nous ne voudrions pas non plus le légitimer. Une intégration complète est la clé des stratégies de développement économique et social des pays de la région et des politiques extérieures et commerciales, car elle renforce leur capacité de prendre effectivement part au processus de globalisation. A mesure que nos dirigeants ont pris conscience des dimensions sociopolitiques et culturelles de l’intégration, ils ont commencé à exprimer leurs préoccupations dans les forums internationaux. C’est devenu un thème important des réunions régionales et sous-régionales ces dernières années et cela a permis d’élargir un espace politique qui reconnaît l’existence de différences et d’asymétries et la nécessité de les surmonter, de définir des positions communes claires et de renforcer le dialogue et les mécanismes de coopération dans des forums d’une importance cruciale tels que ceux liés à la Zone de libre-échange des Amériques et à l’Organisation mondiale du commerce. Tout comme, lorsqu’ils élaborent leurs politiques gouvernementales nationales, les gouvernements doivent veiller à rechercher le bien-être des plus vulnérables en créant des réseaux de sécurité, les dirigeants de notre région doivent être conscients des dangers d’une libéralisation systématique du commerce dans un vide sociopolitique. Avec un scénario de ce type, les asymétries nous feraient certainement courir le risque, tout comme dans l’exemple de niveau national ci-dessus, de créer une sous-classes de nations dans notre région ou, pire encore, une région sous-classée au sein de la communauté internationale. A l’époque moderne, les pays en développement ont été contraints de “sauter » des étapes pour différents aspects du développement. En insistant sur une intégration complète dès le début, au sein de notre région et vis-à-vis du reste de la communauté internationale, nos pays aborderaient deux aspects de notre insertion dans un monde globalisé.
M. Luis Carpio est le
Conseiller politique du Secrétariat de l’Association des Etats de la
Caraïbe. Les opinions
exprimées ne sont pas nécessairement les opinions officielles
de l'AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles
à mail@acs-aec.org. Le 05 avril 2005
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