|
LE
GROUPE DE RIO. RENDEZ-VOUS HISTORIQUE AVEC L’INTEGRATION
Cette Semaine dans la Grande Caraïbe Rubén Silié Le besoin historique d’intégration d’Amérique latine et de la Caraïbe s’est fait ressentir au tout début du dix-neuvième siècle, lorsque les principaux chefs et penseurs politiques ont compris que l’indépendance de leur pays ne serait possible qu’à partir d’un projet unitaire. A cette époque, la tâche la plus importante que proposaient nos peuples consistait à se libérer de la domination coloniale afin de mettre en place une organisation politique et sociale conforme aux idéaux prédominants de la liberté et de la justice sociale. |
||||
| Cette proposition unitaire n’a pas pu être entièrement réalisée en raison des forces puissantes du colonialisme et des différentes modalités adoptées par ce dernier. Toutefois l’idéal de l’unité est resté une utopie concrète des peuples et dès lors, il constitue une valeur politique très acceptée, qui, même s’il n’a pas atteint la vitesse souhaitée par bon nombre d’entre nous, n’a pas cessé d’avancer. L’accomplissement le plus important que nous avons réalisé en tant qu’héritage de la pensée libérale de la région a été celui de surmonter cette notion de conflit qui régnait dans la définition des relations entre les nations voisines. Après avoir gardé cette vision conflictuelle pendant plus d’un siècle nous sommes convaincus qu’elle est n’est pas appropriée et que la force se trouve dans l’unité et les bonnes relations. A présent, les chefs de la région font valoir énergiquement l’héritage unitaire, legs de nos hommes illustres et penseurs sociaux qui ont donné naissance aux idées de base de nos nations. La proposition unitaire n’est pas confrontée à l’heure actuelle aux obstacles du passé ; il s’agit en ce moment d’une tache imposée par la mondialisation. Face à ce processus mondial, personne ne conteste le besoin de renforcer la communauté latino-américaine et caribéenne. Nous sommes de plus en plus conscients qu’afin d’aborder les problèmes de nos pays, une perspective régionale s’avère nécessaire car la majorité de ces problèmes émanent de ou étroitement liés à la réalité régionale. Ceci non seulement du fait que les problèmes soient similaires, mais parce qu’ils sont enracinés dans le contexte régional à proprement parler. Les chefs d’Etat et de gouvernement réunis récemment à Río de Janeiro ont adopté cette tradition d’Amérique latine et de la Caraïbe, et ont souligné leur engagement à l’égard de la protection des idéaux de l’intégration et avec un dialogue franc, propre aux pays frères, ont convenu d’une série d’actions pour faire avancer l’idéal de l’intégration. Le point de départ pour l’intégration a été la création d’un espace économique élargi qui renforcerait les économies nationales, offrant ainsi un marché à plus forte capacité et pouvoir d’achat, et facilitant les investissements intrarégionaux en appui à l’expansion de l’infrastructure économique et la création d’emplois. Mais, cette proposition doit partir de l’identification des identités culturelles, la proximité géographique, la protection des ressources naturelles partagées et, plus important encore, de la conviction que le système démocratique s’avère essentiel pour améliorer la qualité de vie des citoyens de nos villes. Mais le besoin de l’intégration est le plus évident sur le plan de la coopération internationale, car il est incontestable que les tâches liées au développement nécessitent cette ressource, et qu’afin d’y accéder, les agences de coopération à l’échelle mondiale demandent de plus en plus la mise en place de relations avec des entités regroupant le nombre de pays le plus élevé. En effet, elles trouvent que cela facilite les négociations avec les sociétés les plus importantes, à plus forte capacité de réponse et ayant un impact dans une région, plutôt que les limites étroites que suppose un pays unique. De nos jours, il est clair
qu’à la différence de ce qui s’est passé
durant le dix-neuvième siècle, les chefs de la région
ne laisseront pas passer l’occasion d’accomplir l’exigence
historique de concrétiser l’intégration de nos nations
au cours de ce siècle.
Dr Rubén
Silié Valdez est le Secrétaire Général de
l’Association des Etats de la Caraïbe. Les opinions
exprimées ne sont pas nécessairement les opinions officielles
de l'AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles
à mail@acs-aec.org. (fin) le 12novembre
2004
|
|
|
Association des Etats
de la Caraïbe ©
2007
Envoyez vos questions/commentaires/suggestions à : 5-7 Sweet Briar Road, St. Clair, P.O. Box 660, Port of Spain, Trinidad and Tobago West Indies Tel: (868) 622 9575 | Fax: (868) 622 1653 mail@acs-aec.org -- http://www.acs-aec.org |