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CAFTA: LA COULEUR GRISE POUR L'AMERIQUE CENTRALE Cette Semaine dans la Grande Caraïbe Luis Noriega
Les
opinions de divers secteurs centraméricains au sujet de l'Accord
de libre-échange entre l'Amérique centrale et les Etats-Unis
d'Amérique (CAFTA) ont suscité des réactions
diverses au cours du processus de négociation. Même s'il
a été signé, il persiste un mélange d'opinions
entre le blanc et le noir au sujet de la portée et des potentialités
de l'accord, ce qui permet l'existence d'une couleur grise qui n'aide
pas l'image du CAFTA.
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On peut comprendre l'existence de ces positions un peu radicales dont la logique est basée sur des appréciations et perceptions sectorielles, et qui en plus répondent dans certains cas à l'absence d'une compréhension claire du contenu de l'accord et des règles établies dans ce dernier. L'accélération du processus de négociation ne facilite pas non plus les choses et il existe donc des doutes, certains authentiques d'autres non, quant au destin de certains secteurs productifs en particulier l'agriculture et la pêche. Par conséquent on craint que certains de ces derniers ne disparaissent faute de compétitivité. On doute également qu'un accord commercial constitue un instrument suffisant pour le développement économique et social des pays, ce qui va à l'encontre de la théorie que ce type d'instruments promeuvent la croissance mais ne ressoudent pas nécessairement les problèmes de développement d'un pays ou d'une région. Le problème du développement est très complexe et les pays centraméricains doivent toujours effectuer d'importantes réformes afin de résoudre leurs problèmes les plus urgents. Il est clair que la responsabilité appartient en dernier lieu à chacun d'entre eux, mais qu'en dépit de l'existence d'une volonté politique, si les ressources requises pour ces réformes ne sont pas disponibles, il se pourrait que la région soit obligée d'assumer les coûts sans recevoir les bénéfices maximaux. Le CAFTA doit être vu sous un angle positif et on espère qu'il apporterait à tous ses membres le maximum de bénéfices de la manière la plus équitable possible. Toutefois, il est évident qu'il existe des disparités énormes entre les Etats-Unis et chacun des pays centraméricains. Aussi, bien que le CAFTA envisage d'une certaine façon le traitement spécial et différencié, malgré les négociations bilatérales menées sur certains sujets avec les Etats-Unis, il n'est pas clair si ce dernier serait suffisant pour promouvoir de façon efficace la transformation que nécessitera chaque pays centraméricain pour aller de l'avant et résoudre d'une manière significative ses problèmes les plus sensibles. Ce serait très dommage qu'au bout d'un moment on découvre que le CAFTA a creusé encore plus la brèche commerciale qui favorise le partenaire du nord. Il est évident que le CAFTA dote le secteur des entreprises d'un accord avec des règles claires et des mécanismes de protection afin que le commerce des exportations puisse se développer avec toute la certitude requise, mais il faut aussi reconnaître que la structure des économies centraméricaines est différente de celle des Etats-Unis. Les premières sont plus orientées vers la production et l'exportation de biens et non tellement les services. Les Etats-Unis ont sans aucun doute la capacité d'exporter des biens et services, et par conséquent ce pays a de bonnes chances de gagner. Il convient de préciser qu'il existe des cas d'exportation de services dans certains pays centraméricains, mais qu'il ne s'agit pas nécessairement de la situation générale de l'ensemble de la région. Le côté
gris du CAFTA est une réalité. Curieusement, certains
analystes viennent de faire une révision de l'ALENA après
10 ans d'existence et ils ont conclu que les résultats, bien
qu'ils soient positifs, ne sont pas du tout acceptables car les attentes
formulées à l'origine n'ont pas accompli les expectatives.
Ce cas est important lorsqu'on analyse la portée du CAFTA, bien
que le cas du Mexique ne soit pas comparable à celui des pays
centraméricains, toutefois ce qui est certain c'est que les résultats
ne pourront se mesurer qu'avec le temps, d'où l'importance de
mener de bonnes négociations et le besoin de tenir dûment
informés tous les secteurs de la société.
Luis
Noriega est le Directeur du Commerce de l'Association des Etats de la
Caraïbe. Les opinions exprimées ne sont pas nécessairement
les opinions officielles de l'AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions
éventuelles à mail@acs-aec.org. (fin)
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