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Obstacles au commerce dans la Grande Caraïbe

Cette semaine dans la Grande Caraïbe

Juan Carlos Martínez-Piva

Un marché sans frontières ou limites d’espace dans lequel les acheteurs et les vendeurs se rencontrent et font des affaires d’une manière sûre. Un marché dans lequel le chiffre d’affaires des entreprises n’influera pas sur l’accès à ce dernier et à des coûts d’opération réduits. C’est un rêve qui, jusqu’à très peu années, n’était réalisable que dans le monde utopique de la concurrence parfaite, développé par les économistes en tant qu’instrument d’analyse.

 

Ce « marché de rêve » n’a jamais été plus proche de devenir une réalité qu’il ne l’est actuellement. Sa concrétisation a été rendue possible sous forme de marchés virtuels, des marchés hébergés dans l’espace à travers l’Internet.

Le développement technique a sans aucun doute transformé le monde de façon profonde et dans toutes ses dimensions. La technologie s’est convertie en fil conducteur du processus de mondialisation, démolissant les frontières entre les pays et rendant obsolètes les règlements traditionnels du commerce. De nos jours le changement technique marque le rythme du développement et de la croissance au niveau mondial.

Même si cette nouvelle réalité pose des défis significatifs pour les pays en développement, en particulier les plus petits d’entre eux, elle ouvre toutefois des fenêtres d’opportunité ayant un grand potentiel en tant qu’instruments de croissance économique, ainsi que d’appui de la compétitivité et du développement de nos sociétés. C’est le cas des marchés virtuels.

Ces marchés ne sont pas une idée neuve – le secteur privé a développé avec succès des marchés virtuels élargis. Plus récemment, leur potentiel a été reconnu dans le monde entier par des organismes de promotion du commerce tant gouvernementaux que privés. Dans la Grande Caraïbe il existe toujours des portails nationaux de commerce où il est possible de présenter des offres et des demandes, tout comme les annuaires d’exportateurs et d’importateurs.

La création d’un Marché virtuel de la Grande Caraïbe, qui serait à la disposition de tous les chefs d’entreprise de la région, pourrait offrir un instrument unique et permanent pour la promotion du commerce et des investissements dans la zone. Cela fait l’objet d’une proposition actuellement à l’étude par le Comité spécial sur le Commerce de l’AEC. En effet, au milieu du mois d’octobre dernier, la Commission des Organisations de Promotion du Commerce (OPC), constituée à cet effet, a tenu sa première réunion et a confirmé l’intérêt à trouver des mécanismes pour faire avancer ladite proposition.

Un forum commercial de ce type contribuera de façon significative à la réussite d’un meilleur rapprochement entre les communautés d’affaires de la Grande Caraïbe, mettant en contact direct les deux extrémités de l’équation commerciale et dépassant simultanément les barrières physiques et linguistiques qui séparent les chefs d’entreprise de la région. La valeur de la proposition s’accroît étant donné qu’elle s’appuie sur la coopération des OPC de la Région, les efforts conjoints et la création de synergies. Une initiative qui pourrait même devenir la représentation matérielle la plus importante de l’accord de coopération signé à Santiago de Cuba par les OPC de l’AEC en juin de cette année.

Le marché virtuel pourrait permettre aux entreprises, émanant de plusieurs secteurs et ayant des chiffres d’affaires différents, d’utiliser des instruments techniques et d’accéder à des marchés autrement inaccessibles. A cet égard, il pourrait être un élément fondamental pour appuyer la participation des petites et moyennes entreprises dans l’économie mondiale – condition indispensable afin que les bénéfices de l’ouverture atteignent tous les niveaux de notre société.

Il est évident que la technologie continuera à tracer les lignes du progrès économique international. La capacité de nos économies d’entrer en concurrence dépendra du profit que tirera notre société de la technologie et des espaces offerts pour le développement productif, un effort sur lequel la Communauté de la Caraïbe a pu s’appuyer dans le cadre d’initiatives telles que le Marché virtuel de la Caraïbe.

Juan Carlos Martínez-Piva est Conseiller commercial de l’Association des Etats de la Caraïbe. Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de l’AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org.
7 novembre 2003
 
   
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