Accueil

Recherche

Commerce
Transport
Tourisme Durable
Catastrophes Naturelles

Obstacles au commerce dans la Grande Caraïbe

Cette semaine dans la Grande Caraïbe

Juan Carlos Martínez-Piva

L’ouverture commerciale de la Grande Caraïbe s’est traduite par un effort renouvelé pour renforcer les liens existants à tous les niveaux tant dans le cadre des schémas multilatéraux que régionaux, et au niveau bilatéral.

 

Bon nombre de ces efforts sont allées de pair avec la signature d’accords commerciaux entre les pays, comme c’est le cas des accords entre l’Amérique centrale et la République dominicaine, et entre la CARICOM et le Costa Rica, entre autres. Le renforcement des relations a mis en évidence des écarts à combler et a confirmé le besoin pour que l’ouverture formelle soit accompagnée d’efforts tendant à faciliter les affaires. Il s’agit de mesures destinées à réduire les coûts élevées des transactions : améliorer la programmation logistique et les coûts de transport, faciliter les informations sur les procédures douanières et leur assouplissement, faire face aux difficultés de participation des petites entreprises, et pallier à l’absence d’information et de connaissances au sujet des marchés et parmi les chefs d’entreprise eux-mêmes.

Ces derniers ont été signalés comme certains des obstacles au commerce qui persistent au sein de la région dans une étude élaborée pour l’Association des Etats de la Caraïbe (AEC) et présentée au début du mois d’octobre durant la XIVe Réunion du Comité sur le Commerce.

De plus, le document fait ressortir d’autres réalités désolantes, d’une part la persistance du biais anti-exportateur au sein de nos économies. Les conditions dans le pays d’origine, les facilités pour le mouvement de marchandises et le transport, entre autres, facilitent les activités d’importation au détriment des exportations. Cela se traduit par la propension élevée de nos économies à importer, qui résulte tant des caractéristiques de la consommation dans la région que du haut niveau d’importation de nos produits, ce qui affaiblit notre solvabilité commerciale. D’autre part, les exportateurs de la Grande Caraïbe éprouvent plus de difficultés à envoyer leurs produits dans d’autres pays en développement que vers les marchés développés. Autrement dit, il est plus difficile de faire du commerce avec nos propres voisins. L’étude arrive à ces conclusions en tenant compte des niveaux tarifaires, des aspects relatifs aux conditions sanitaires et des services de gestion des marchandises disponibles dans les marchés de destination.

Un autre élément à souligner c’est qu beaucoup de travail reste à faire pour parvenir à un rapprochement entre les chefs d’entreprises de la Grande Caraïbe. En effet, l’étude confirme les conclusions d’un document similaire élaboré par l’AEC en l’an 1999 - une des limitations les plus importantes du commerce régional est l’ignorance mutuelle des chefs d’entreprise, ainsi que différents secteurs d’affaires.

La réduction de ces obstacles au commerce régional ouvrirait aux chefs d’entreprise de la région des voies supplémentaires leur permettant de s’appuyer sur les marchés proches pour explorer des opportunités nouvelles et meilleures pour les affaires, des marchés qui représentent dans l’ensemble de la Grande Caraïbe une valeur commerciale de USD600 milliards et dont la pleine potentialité reste à explorer. A présent les pays de l’AEC n’échangent entre eux que 8% de leur commerce total. Cette tendance mérite une considération supplémentaire en tant qu’élément complémentaire aux principales initiatives de libéralisation telles que la ZLEA et l’OMC, en particulier face à l’incertitude quant à la durée de ces processus de négociation et aux fruits qu’ils porteront.

Certaines activités de l’AEC vont dans ce sens. C’est le cas du Forum des entreprises de la Grande Caraïbe qui durant quatre années consécutives a joué un rôle fondamental en augmentant les contacts entre les chefs d’entreprise de la région. L’exécution d’un programme de facilitation des procédures douanières, susceptible d’apporter un soutien essentiel au commerce régional, ainsi que d’autres initiatives novatrices telles que la création d’un Marché virtuel de la Grande Caraïbe, à travers laquelle sera établi un forum pour les échanges commerciaux sur l’Internet, pourrait répondre à quelques objectifs de façon simultanée : (a) faciliter les connaissances sur le marché de la Grande Caraïbe ainsi qu’entre les chefs d’entreprises en vue du développement du commerce régional ; (b) fournir un mécanisme d’accès à des technologies et combler ainsi l’écart qui nous sépare des marchés des pays développés ; et, (c) alléger les difficultés auxquelles font face les exportateurs, en particulier les petites et moyennes entreprises.

Afin de profiter des opportunités offertes par l’ouverture, il conviendrait de faire meilleur usage des capacités officielles et privées, tant pour négocier que pour jeter des ponts qui nous permettraient de combler les écarts que l’ouverture commerciale n’est pas en mesure de résoudre. Cela nécessiterait des efforts concertés entre le secteur privé et le secteur public, ainsi que le soutien des institutions au niveau régional.

Juan Carlos Martínez-Piva est Conseiller commercial de l’Association des Etats de la Caraïbe. Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de l’AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org.
27 octobre 2003
 
   
Association des Etats de la Caraïbe © 2007
Envoyez vos questions/commentaires/suggestions à :

5-7 Sweet Briar Road, St. Clair, P.O. Box 660, Port of Spain, Trinidad and Tobago West Indies
Tel: (868) 622 9575 | Fax: (868) 622 1653
mail@acs-aec.org
-- http://www.acs-aec.org