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Les PEID et la Coopération régionale dans la Grande Caraïbe

Cette semaine dans la Grande Caraïbe

Luis Carpio

Trinité-et-Tobago a accueilli la semaine dernière des représentants des nations de la Caraïbe, d'organisations régionales et internationales et de la société civile, qui ont participé à la Réunion préparatoire régionale de la Caraïbe pour la Révision de 10 ans du Programme d'Action de la Barbade (BPOA), en préparation pour la Conférence internationale sur les Petits Etats insulaires en voie de développement (PEID) qui se tiendra l'an prochain à l'Ile Maurice.

 

La révision a été sollicitée par l'Assemblée générale de l'ONU à la lumière des résultats du Sommet mondial sur le Développement durable, qui a reconnu que les PEID constituent un cas spécial tant dans le domaine de l'environnement que du développement et que, bien qu'ils continuent à avancer vers le développement durable, ils font face à un nombre croissant de contraintes liées à la coexistence de facteurs défavorables dans l'environnement international actuel. La révision ne sera pas une mince affaire, compte tenu des négociations complexes et ardues tenues à Johannesburg.

Il est reconnu sur le plan international que les PEID comprennent aussi des pays côtiers à basse altitude qui ont des défis similaires liés au développement durable, y compris une population réduite, un manque de ressources, l'éloignement, la prédisposition aux catastrophes naturelles, la surdépendance vis-à-vis du commerce international et la vulnérabilité face aux développements au niveau mondial. De plus, ils sont confrontés à un manque d'économies d'échelle, à des coûts de transport et de communication élevés et à une administration publique et une infrastructure coûteuses. En contrepartie, l'ONU a reconnu que les PEID sont aussi dotés de vastes surfaces océaniques à l'échelle mondiale et de ressources de biodiversité importantes.

Cette définition large signifie que tant les Etats insulaires que continentaux de la Grande Caraïbe sont concernés par le Programme d'action du PEID ; et que la coopération à travers l'ensemble de l'espace régional s'avère essentiel.

Les PEID continuent à déployer des efforts acharnés pour mobiliser des ressources internes en vue du développement durable. Toutefois, ces efforts doivent être complétés par des ressources externes, qui devraient être fournies sans aucune condition, afin de répondre de façon efficace à leurs conditions de développement. Malheureusement, durant les dix dernières années, ces ressources ont tendance à diminuer, comme cela a été reconnu tant à l'occasion du SMDD que de la Conférence de Monterrey sur le Financement pour le Développement. Toujours dans ce contexte, on ne peut sous-estimer la pertinence accrue de la coopération Sud-Sud dans le climat économique international actuel.

Les résultats du Sommet de Johannesburg revêtent une importance particulière pour toutes les organisations et agences qui travaillent actuellement dans la région de la Grande Caraïbe car le Sommet s'est efforcé de souligner le rôle essentiel des organisations régionales et sous-régionales dans le renforcement des trois piliers (économique, social, environnemental) du développement durable. En mettant l'accent sur la valeur de la coopération régionale, le SMDD a aussi signalé que les mesures tendant à renforcer les arrangements institutionnels sur le développement durable doivent comprendre une efficacité accrue en réduisant le chevauchement et la duplication des activités des organisations internationales, en fonction de leurs mandats et de leurs avantages comparatifs.

Tout en profitant des présentations excellentes et très détaillées faites par toutes les délégations, au moins un participant n'a pas pu s'empêcher de noter la complexité, le chevauchement et la duplication déroutants des initiatives dans le domaine du commerce, du transport, du tourisme durable, des catastrophes naturelles, etc., qui sont actuellement entreprises à l'égard des PEID dans notre région. Eu égard au manque de ressources internationales pour les pays en développement, à force de se faire concurrence dans la même « piscine », les organisations régionales ne font que s'assurer que seuls les meilleurs « nageurs » gagnent.

Il conviendrait de rechercher un mécanisme régional pour faire face à cette circonstance. Si lorsque nous sollicitons une coopération de la communauté internationale sur la base des « responsabilités communes mais différenciées » reconnues pour le développement durable entre les pays développés et en développement nous neutralisons les ressources en les diluant, les organisations régionales essuieront encore une fois des critiques à l'Ile Maurice.

Luis Carpio est le Conseiller politique de l'Association des Etats de la Caraïbe.. Les opinions exprimées ci-dessus ne sont pas nécessairement les opinions offcielles de l’AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org.
17 octobre 2003
 
   
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