| C’est cette alliance ethnique qui leur a valu le nom de « Caraïbes Noirs » car étant d’origine africaine, ils s’étaient unis aux indiens Caraïbes pour survivre.
Les habitants d’origine africaine ont été acceptés par les aborigènes et ont pu créer de petites communautés dans lesquelles elles ont survécu aux attaques de leurs persécuteurs. Ils y ont développé des techniques de culture agricole héritées des peuples antillais primitifs qui, associées à leurs connaissances africaines ancestrales leur ont permis de développer toute une tradition de culture et d’alimentation, qui perdure à l’heure actuelle.
Comme dans beaucoup d’autres îles de la Caraïbe, les territoires ont fréquemment changé de main, tantôt comme suite à des négociations entre les métropoles, tantôt par des actions conquête directe de leurs territoires. Cela veut dire qu’un jour ils pouvaient se trouver sous domination anglaise et le lendemain française ou plus tard espagnole.
Entre les années 1795 et 1797, on a assisté à un déplacement des habitants de Saint-Vincent, qui ont été amenés en Amérique continentale par les autorités métropolitaines, d’abord à une des îles du Honduras, partant ensuite vers le Nicaragua pour gagner le Guatemala et le Belize.
Les Garifuna ont mené une vie conforme au développement atteint, consacrés à la pêche, à l’agriculture, aux coupures de bois et à la récolte de fruits qui leur assuraient une subsistance et dans une moindre mesure des échanges commerciaux, bien qu’au fil du temps ils se soient arrangés pour exporter à certains points les plus proches de chacun de leurs pays de résidence.
Sur le plan culturel, ces groupes, à l’instar de beaucoup d’autres peuples d’origine africaine, ont intégré leurs cultures aux apports reçus de ceux qui gagnaient les communautés respectives où ils se rassemblaient. Cela a eu la particularité que ces derniers arrivaient en tant qu’individus et groupes représentant ceux qui restaient en Afrique.
Parmi leurs apports on peut faire ressortir l’originalité de leurs langues, qui sont authentiquement propres, un Créole dérivé de l’anglais, avec des mots africains et d’autres pris de l’espagnol ; outre le fait d’avoir conservé l’usage de l’anglais dans plusieurs cas. Leurs pratiques religieuses, très proches de celles des autres religions populaires de la Caraïbe insulaire où prévalent des syncrétismes qui combinent l’origine africaine et l’influence des religions occidentales. La musique est originale, tout en étant rythmique avec les mêmes caractéristiques que celle des autres peuples de la Caraïbe.
Une des répercussions de ce Sommet Garifuna, c’est qu’il glorifie les apports des peuples qui ont su résister aux rigueurs de la domination coloniale, aux inclémences de la pauvreté matérielle et malgré tout qui ont accordé une importance aux valeurs de la solidarité sociale et du respect de la nature.
C’est un pas qui revêt une grande importance pour l’unité entre les peuples de la Caraïbe insulaire et de l’Amérique centrale.
Le Dr Rubén Silié Valdez est le secrétaire général de l’Association des Etats de la Caraïbe. Les points de vue exprimés ne sont pas nécessairement les points de vue officiels de l’ AEC. Les commentaires et réactions peuvent être envoyés à mail@acs-aec.org
Le 24 novembre 2005
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