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Les pays en développement, et en particulier les PEID, méritent une attention particulière étant donné leur grande vulnérabilité et leurs niveaux de risque, qui souvent excèdent leur capacité de préparation, d’action et de remise en état après une catastrophe. Même si cela semble évident, il a toutefois fallu le rappeler constamment ces deux dernières années, car la brutalité et la fréquence des phénomènes naturels touchant les établissements humains de notre région n’ont cessé d’augmenter, provoquant des pertes humaines et des dégâts matériels de plus en plus considérables, et après Wilma, nous semblerions avoir épuisé les lettres de l’alphabet pour baptiser les tempêtes à venir (au grand étonnement de mes amis Xavier, Yolanda et Zoila).
On s’accorde largement sur la nécessité de renforcer la coopération et l’aide internationale et régionale pour réduire les risques de catastrophe grâce au transfert de technologie et de compétences en vue de renforcer les capacités en ce domaine, au partage des résultats des recherches, aux initiatives destinées à accroître la prise de conscience, aux leçons apprises, au recours aux meilleures pratiques et à la collecte d’informations sur les risques de catastrophe et l’impact de ces dernières, qu’elle qu’en soit l’échelle.
Pour cela, les Etats devraient encourager et accroître la coordination stratégique, en renforçant la Stratégie internationale de l’ONU pour la prévention des catastrophes (SIPC). Ils doivent envisager sérieusement l’application et l’amélioration des instruments juridiques pertinents relatifs à la réduction des risques de catastrophes aux niveaux international et régional, tels que l’Accord de l’AEC sur la coopération régionale en matière de catastrophes naturelles ; ils doivent aussi inviter les organisations régionales et internationales compétentes, telles que l’AEC, la SIPC et la Croix Rouge, à promouvoir les programmes de coopération technique, le développement des capacités, les méthodes et normes de contrôle et d’évaluation des risques et de la vulnérabilité, le partage de l’information et la mobilisation efficace des ressources. On devrait en outre encourager les Organisations à créer ou consolider des centres régionaux spécialisés de collaboration, chargés de la recherche, de la formation, de l’éducation et du renforcement des capacités en matière de réduction des risques de catastrophes.
L’AEC encourage la coopération entre les organismes responsables de la planification des actions en cas de catastrophe dans notre région. Seul ce type d’accord cadre permettra à la GC de tirer parti des économies d’échelle, nécessaires pour tirer efficacement profit de la coopération internationale offerte par l’entremise de l’ONU et de la riche expérience de notre région, qui ne demande qu’à être utilisée.
Une approche régionale s’impose car un même phénomène tend de plus en plus à toucher presque simultanément deux ou plusieurs de nos pays. Elle nous aiderait aussi à nous défaire de notre dépendance à l’égard de la communauté élargie de donateurs, d’autant que, quelle que soit la gravité des catastrophes qui nous touchent, il peut toujours se produire dans une autre partie du monde une tragédie qui masque nos souffrances et distrait l’aide, comme nous l’avons vu récemment lors du tremblement de terre dans le Sud de l’Asie.
Luis Carpio est le Directeur chargé des Catastrophes naturelles et du Transport à l’Association des Etats de la Caraïbe et exerce en outre les fonctions de Conseiller politique du Secrétaire général à titre provisoire. Les opinions exprimées ici ne reflètent pas nécessairement les positions officielles de l’AEC. Les commentaires peuvent être envoyés à l’adresse suivante : mail@acs-aec.org
17 novembre 2005
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