Ce sont là des ressources visant à contribuer à la crainte de l’immigration, qui n’est pas présentée comme un processus social avec ses propres causes historiques, sociales et économiques, mais comme une stratégie des peuples “barbares” en vue de nuire à l’essence même de la culture occidentale.
Ceux qui avancent ce type d’arguments contre la migration sont les mêmes qui accusent de fondamentalisme les immigrants, d’où le renforcement de la notion selon laquelle ils sont une menace pour l’occident.
Cet aspect manipulateur est basé sur le fait que le processus d’insertion des immigrants, à la différence du siècle dernier n’est plus par assimilation ; sinon qu’ils préservent l’essence de leur culture et de leurs croyances. Ceci a pris de l’ampleur, surtout suite à l’accroissement de l’intolérance, ce qui a été un des effets de la fameuse Guerre contre le Terrorisme.
Lorsque des accusations sont lancées aux immigrants selon lesquelles ils seraient fondamentalistes, ce qui se passe c’est que l’on transpose dans l’esprit de l’autre ce qui est dans son esprit, vu que cette forme d’opposition à l’immigration est une pratique fondamentaliste, mais étant donné le discrédit dont fait l’objet ce concept, il est appliqué sans qu’il soit assumé ou que le contraire soit mis en évidence.
Il convient de ne pas oublier que le fondamentalisme a vu le jour au cours du dix-huitième siècle en France, au sein de groupes religieux qui s’opposaient aux changements générés par le courant moderniste.
Pour ce qui est de ces positions basées sur des attitudes fondamentalistes, la xénophobie est une pratique acceptée ; à ce titre, les idées ont été le mobile des actes violents des dernières années perpétués contre les immigrants, à savoir les assassinats, les incendies de foyers, persécutions et menaces.
Il est clair qu’il peu utile de tenter d’offrir aux groupes xénophobes des explications sur la complexité culturelle des migrations. Pour eux, il n’est pas question d’accepter la présence des immigrants qui représente un changement en matière de main d’oeuvre, créé par les limitations démographiques en Europe relatives à la reproduction de sa population au même que celui de la croissance économique. A ce titre, l’on commence à penser qu’avec la présence des étrangers, la société européenne ne sera plus la même. Il semblerait qu’elle perde la soi-disant pureté de la culture occidentale.
Avec un tel manichéisme, il est impossible de comprendre que la présence étrangère contribuerait à résoudre un problème lié au travail. Et que par extension, qu’elle puisse enrichir la diversité culturelle de ce continent, comme ce fut le cas dans les sociétés du Sud, vers lesquelles les européens ont eux-mêmes émigré pendant plusieurs siècles.
Le Dr Rubén Silié Valdez est le secrétaire général de l’Association des Etats de la Caraïbe. Les points de vue exprimés ne sont pas nécessairement les points de vue officiels de l’ AEC. Les commentaires et réactions peuvent être envoyés à mail@acs-aec.org
le 10 novembre 2005
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