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| L’atmosphère terrestre s’est substantiellement altérée. Au cours du XXè siècle, la température ambiante a augmenté de 0,74 centigrade. Le niveau de la mer aussi a augmenté de 17 cm. La faune et la flore sont affectées: 20 à 30% des plantes et des animaux sont menacés d’extinction. La fonte des masses glacières aux pôles à un rythme accéléré, qui augmente la chaleur dans l’atmosphère, est particulièrement inquiétante. Ceci a aussi modifié le cours des précipitations. Dans les zones tempérées, les neiges hors-saison et des précipitations inattendues sont devenues monnaie courante, causant parfois des inondations. Concurremment dans les zones tropicales les pluies déclinent, donnant le pas à la sécheresse et à la famine. Dans ces dernières régions l’accès à l’eau est devenu une question de survie quotidienne, de sécurité publique et, dans bien des situations, cette question est abordée avec de fortes implications politiques, considérant que l’agriculture y est compromise et la sécurité alimentaire de plusieurs millions de personnes est en jeu. En qui concerne les Etats insulaires de la Caraïbe, leur situation est aussi délicate que celle du reste du monde. La montée du niveau de la mer reste la grande préoccupation. Le réchauffement de la Terre, phénomène qui occasionne une série d’intempéries, d’ouragans et de cyclones, contre lesquels ils ne peuvent pas toujours faire grand chose tout seuls, augmentent leur vulnérabilité physique et, par voie de conséquence, leur substantialité économique et financière. Depuis les années 1970, les cyclones sont devenus très fréquents dans cette région. Ils y trouvent un lit clément pour se répandre et ils laissent toujours derrière eux des morts et des dégâts matériels assez douloureux. Le réchauffement est un phénomène d’augmentation, à l’échelle planétaire et sur plusieurs années, de la température moyenne des océans et de l’atmosphère. Ce phénomène est à fois la conséquence conjuguée de l’expansion océanique et de l’action incontrôlée des hommes sur son environnement. La terre se réchauffe par l’expulsion des gaz qu’elle renferme. Si dans les premiers moments de la Terre, le réchauffement était nécessaire pour l’éclosion de la vie (il y a 500 millions d’années de cela), aujourd’hui le réchauffement est bien de trop. Les dix dernières années ont été les plus chaudes des deux derniers millénaires. Ce réchauffement est dû à une forte augmentation dans l’atmosphère de la concentration de plusieurs gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone, le chlorofluorocarbone, le méthane et dioxyde d’azote. Grosso modo, le réchauffement de la Terre s’explique par deux types de problèmes: 1) Le trou dans la couche d’ozone de l’atmosphère; les rayons arrivant au sol n’étant filtrés convenablement. 2) L’excès de propagation du gaz carbonique (CO2). A dose normale, le CO2 est vital, mais quand il est de trop, cela réchauffe la Terre avec tout le cortège de pollution qui vient avec. Quand on sait que la teneur en CO2 a augmenté de 1990 à nos jours, on peut imaginer la courbe exponentielle qui est celle du réchauffement de la Terre! Le réchauffement de la Terre a pour conséquence la fonte des glaciers aux pôles, la montée des eaux, l’humidité absolue, les sécheresses, les précipitations, une couverture neigeuse incontrôlée, des tornades en surnombre, les inondations fréquentes, la disparition des espèces de la faune et de la flore, l’augmentation continue de la température et même la disparition complète de certaines superficies dans certains pays. Demain on parlera de réfugiés climatiques, si l’augmentation des températures calculée pour le XXIe siècle, soit une augmentation de 1,8 à 3,4° C, parvient à se matérialiser. Aujourd’hui, l’heure est à l’action, si l’on considère l’étendue des dégâts déjà enregistrés et des calamités à venir. Heureusement que l’on commence à prendre conscience de la situation et à agir en conséquence. C’est ainsi que le 24 septembre dernier, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies a convoqué les leaders politiques du monde entier, les Chefs d’Etat et de gouvernement, à New York, pour débattre de la question. L’adresse de M. Ban Ki-moon en la circonstance fut un véritable cri d’alarme. Se fondant sur les résultats des recherches scientifiques et la constatation que nous faisons tous sur les phénomènes écologiques les plus changeants, il invita alors les hommes politiques à prendre leur responsabilité historique, il les convia donc à prendre des mesures d’ordre public dans leur sphère d’action et d’influence et à proposer des solutions pour remédier à la situation. Aussi le Prix Nobel de la Paix accordé conjointement le 12 octobre dernier à M. Al Gore et au Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’Evolution du Climat (GIEC) -Secrétariat formé par des experts de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUM)- est encore une décision du Comité des prix Nobel à Oslo, qui incite à la réflexion et à l’action. Lier les problèmes écologiques actuels à la paix dans le monde est assez novateur. Plus que cela, l’octroi de ce prix à Gore et au GIEC est une claire indication que le réchauffement de la Terre est un problème sérieux et universel et il peut compromettre, aujourd’hui ou demain, la paix dans le monde. Tout en reconnaissant que le réchauffement de la terre aujourd’hui n’est pas un phénomène nouveau, qu’il a existé dans le temps -en effet les climatologues s’accordent sur le fait que la Terre a connu plusieurs cycles de réchauffement et de refroidissement planétaire durant les 400.000 dernières années- il est impératif que nous agissions vite, pour atténuer, au moins, les conséquences et les potentiels dégâts. Si rien n’est fait le réchauffement de la Terre sera encore une réalité dramatique dans les décennies à venir. Dans notre village planétaire, cela devient une question d’action, de choix et de responsabilité. Si tous, les gouvernements et les institutions responsables, s’engagent à la résolution du problème, on est sur qu’on parviendra à des résultats assez satisfaisants. En ce sens, on peut plaider pour parvenir à l’Adaptation (la stabilisation de la concentration des gaz à effet de serre qui cause en grande partie le problème) pour 2015 et la Mitigation (en termes d’actions positives pour la sécurité énergétique, la protection de l’environnement et le développement durable). Ceci est un projet environnemental, politique, économique et sécuritaire, qui concerne chacun de nous, à un niveau ou à un autre, et qui tracera la voie dans un sens moins compromettant pour les nouvelles générations. Dans le même ordre d’idées, nous convions tous les partenaires de la cause et participants de la Conférence de l’ONU sur le Changement Climatique, à Bali, Indonésie, en décembre prochain, à adopter un accord-cadre multilatéral satisfaisant pouvant contribuer à rendre la vie sur terre plus clémente. Dr Watson Denis est le Conseiller politique du Secrétariat de l’Association des Etats de la Caraïbe. Les opinions exprimées ne sont pas nécessairement les opinions officielles de l'AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org Le 15 octobre 2007 |
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