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Un autre aspect qui rapproche davantage la Nouvelle-Orléans de la Caraïbe c’est qu’elle partage avec beaucoup de pays de la Caraïbe une série des traits propres à l’inégalité sociale, tels que l’accroissement de la population pauvre, l’augmentation de la délinquance, le pourcentage de jeunes en prison et livrés aux drogues, les hauts niveaux de VIH/SIDA, les niveaux de scolarisation bas, ainsi qu’un abandon scolaire et d’autres problèmes propres aux pays de la Caraïbe, qui tendent à être structuraux dans les populations respectives.
En dépit de son appartenance à la nation la plus puissante du monde – et elle conserve à ce titre des différences et avantages du fait d’appartenir aux Etats-Unis – ces problèmes sociaux, malheureusement, rapprochent la Nouvelle-Orléans de bon nombre de nations caribéennes, beaucoup plus que n’importe quelle autre ville des Etats-Unis.
C’est cette réalité sociale qui contribue à l’explication de l’impact social si destructeur de Katrina sur cette population. Cela explique aussi la vague de pillages qui s’y est déclenchée, car cela est toujours motivé par la faim, l’insécurité et le manque d’espoir dans la résolution des besoins primaires.
La ville de Miami, qui n’est pas la ville la plus riche des Etats-Unis, a été frappée plus fréquemment que la Nouvelle Orléans par différents cyclones, qui, même s’ils n’ont pas tous eu ni la force destructrice de Katrina, ni le même impact, en raison des conditions hydrologiques qui la situent en-dessous du niveau de la mer, ainsi que la fragilité des digues, etc., dans le cas de Miami il a toujours été plus facile d’évacuer la population avant l’arrivée du phénomène. Les meilleures conditions de vie générales de la population de Floride, y compris un taux de chômage moins élevé, un abandon scolaire moindre, une insalubrité moindre, bref, une inégalité sociale moindre, y ont sans doute contribué.
Là où il existe une plus grande exclusion sociale il s’avère beaucoup plus difficile d’accéder à la plupart de la population afin de prévenir les communautés et de les préparer à sauvegarder leurs biens et leur propre vie. Il est incontestable que les niveaux de développement social favorisent les possibilités de renforcer une culture de sécurité, car à la base de tout se trouve l’intégration sociale, qui facilite la participation sociale et l’éducation, principal instrument de l’information.
Le Dr Rubén Silié Valdez est le secrétaire général de l’Association des Etats de la Caraïbe. Les points de vue exprimés ne sont pas nécessairement les points de vue officiels de l’ AEC. Les commentaires et réactions peuvent être envoyés à mail@acs-aec.org
le 13 septembre 2005
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