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Cela ne signifie pas bien entendu, que nous devons nous attendre à ce que 21 phénomènes foncent dans notre région, même si au moins cinq des 9 prévus risquent d’être « majeurs », c’est-à-dire que les vents pourraient dépasser les 110 mph (la moyenne étant de 2,3). 17 noms d’orages tropicaux ont déjà été prévus pour cette saison (où la moyenne saisonnière est de 9,6). Cette prévision est estimée robuste car elle est basée sur 52 années de données. Je dois signaler toutefois que 2005 a trompé tous les experts de cet art/science qui ont sous-estimé la saison de façon significative.
C’est un article de foi de la culture populaire que nommer ses craintes représente le premier pas pour les vaincre. Toutefois, s’agissant des risques de perte de vie en particulier et au développement durable en général, causés par le fait de se trouver sur la trajectoire de la colère de la nature et étant donné la preuve répétée du passé, on ne peut que s’interroger sur les mesures que nous prenons, en particulier à l’échelle régionale.
Nul ne doute que, bien que la plupart des pays de la Grande Caraïbe (GC) soient particulièrement vulnérables aux effets des risques, certains sont mieux préparés et sont disposés à offrir une coopération. De plus, comme cela se produit de plus en plus fréquemment, deux pays de la GC ou plus peuvent être touchés par un seul événement, et cela ne fait que renforcer l’argument en faveur du besoin de soutenir les mécanismes et capacités contre les catastrophes dans la région et au sein de l’ONU, afin de leur permettre de répondre avec efficacité et de façon simultanée aux différentes catastrophes.
A cet égard, on ne saurait exagérer le besoin d’améliorer l’échange d’information sur la réduction des risques, les leçons apprises et les meilleures pratiques durant l’ensemble du cycle de catastrophes (préparation-réponse-redressement), qui commence bien avant la première alerte. Par exemple, il est clair que nous devons renforcer de toute urgence les capacités régionales de redressement rapide suite à une catastrophe, incorporant effectivement la réduction du risque dans le processus de redressement et les plans de développement en général, afin d’empêcher la reconstruction aux niveaux pré-catastrophe, si nous tenons à mettre fin au cercle vicieux de destruction-reconstruction-destruction dans lequel nous nous trouvons piégés.
Dans la GC nous avons déjà l’Accord de Coopération
régionale en matière de Catastrophes naturelles, un outil d’action conjointe en réponse à notre vulnérabilité aux cyclones, tornades, orages, raz-de-marée, inondations, tsunamis, tremblements de terre, éruptions volcaniques, glissements de terrain, incendies de forêt, épidémies, épizooties, pestes agricoles et sécheresse, entre autres. Cet Accord doit être signé, ratifié et mis en œuvre dès que possible.
Dans le domaine des Catastrophes naturelles, le bon sens fournit la réponse à la question du Chantre « Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s’armer contre une mer de douleurs,
et à l’arrêter par une révolte ? » (Hamlet III,iii)
Luis Carpio est le Directeur chargé des Catastrophes naturelles et du Transport à l’Association des Etats de la Caraïbe. Les opinions exprimées ne sont pas nécessairement les opinions officielles de l'AEC. Vous pouvez envoyer vos réactions éventuelles à mail@acs-aec.org
Le 11 mai 2006
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