PROJET DE MECANISME REGIONAL DE COOPERATION DE L’AEC POUR LA PREVENTION, LA PREPARATION ET LA REDUCTION DES EFFETS DES CATASTROPHES NATURELLES

 

I. Introduction*

 

La région du Bassin de la Caraïbe, par ses caractéristiques géographiques et les différents niveaux de développement des pays qui la composent, est en permanence affectée par des catastrophes naturelles.

Durant ce siècle, plus de 475 catastrophes ont été enregistrées dans la zone comprise entre l’Amérique centrale et la Caraïbe insulaire (CRED,CIFEG, 1997) ce qui représente un des freins les plus importants au développement de ces pays. L’impact moyen annuel estimé par la CEPALC pour cette même zone s’évalue à 1,5 milliard de dollars américains (Jovel, 1989); ces chiffres, ne prenant en compte dans l’ensemble, ni les catastrophes naturelles de petite échelle dont l’impact annuel tend à être assimilé aux grandes et moyennes catastrophes, ni les effets sur l’économie du pays, non seulement en termes d’impact sur le PIB mais en général sur les finances publiques, le commerce extérieur, l’emploi, l’indice des prix et autres.

Cette situation, qui est partagée de manière complexe et dans biens des cas similaires, par les différents Etats caribéens, nécessite la mise en place de mesures concrètes, partant du fait qu’il n’est pas possible de penser à un véritable processus de développement durable si une réduction des effets des catastrophes n’est pas envisagée.

La proposition qui suit est basée sur les documents qui ont été élaborés par l’Association des Etats de la Caraïbe (AEC), le Centre de coordination pour la prévention des catastrophes naturelles en Amérique centrale (CEPREDENAC) et l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS).

La région de l’AEC jouit d’un énorme potentiel de développement dans l’une des sous-régions les plus unies et les plus prospères de l’hémisphère, et se doit de développer les mécanismes pour affronter d’une manière efficace les catastrophes naturelles et causées par l’homme auxquelles la région doit faire face chaque année.

Le projet de proposition, le rôle et l’angle d’approche proposés par l’AEC qui présente ce document devra servir de catalyseur pour les actions de prévention, de confrontation et de coopération entre les pays de l’AEC dans le domaine des catastrophes naturelles.

  


II. Propositions concrètes pour le Groupe spécial de l’AEC sur les catastrophes naturelles

Le groupe de travail identifie les domaines prioritaires suivants:

- Soutien politique en matière de prévention et de réduction des effets des catastrophes naturelles

- Travail des experts (recherche scientifique et technique)

- Prévention et réduction des effets des catastrophes

- Préparatifs, secours et alerte

- Information/ formation  
 


2.1 Soutien politique en matière de prévention et de réduction des effets des catastrophes

L’AEC aura pour mission de:
- chercher à obtenir un soutien politique du Conseil des ministres de l’AEC en ce qui concerne la gestion des catastrophes;

- de veiller à ce que les agences et les organismes internationaux aient les informations nécessaires sur les activités et priorités des Etats membres de l’AEC;

- d’identifier les prises de position communes des Etats membres afin de garantir une position plus forte quand ils présenteront auprès de différentes instances des résolutions concernant la vulnérabilité du Bassin Caraïbe face aux catastrophes.

  


2.2 Travail des experts (recherche scientifique et technique)

Le Secrétariat général de l’AEC:

- encouragera la constitution d’un inventaire des experts afin de faciliter les missions d’évaluation après les catastrophes en coordination avec les agences internationales ou les équipes déjà organisées et de diffuser les rapports correspondants.

- identifiera les opportunités pour renforcer la coopération au sein de la région incorporant les institutions universitaires et les centres de recherche;

- constituera un inventaire des recherches, des chercheurs, des autres ressources humaines spécialisées, des centres de recherche, ainsi que des projets dans le domaine de la prévention et de la réduction des effets des catastrophes et dans d’autres domaines analogues.

- encouragera le soutien politique à travers le Secrétariat de l’AEC.

 



 
2.3 Prévention et réduction des effets des catastrophes

L’AEC cherchera à:
 
- développer l’inclusion des thèmes liés à la prévention, à la réduction des effets des catastrophes ainsi qu’à d’autres aspects de la gestion des catastrophes dans l’ordre du jour des réunions des ministres et des chefs de gouvernement du Bassin Caraïbe, afin de soutenir encore plus les initiatives nationales et régionales ayant pour objectif la réduction de la vulnérabilité de la population, des infrastructures et des activités sociales et économiques;

  - encourager les pays à incorporer les thèmes relatifs à la réduction des effets des catastrophes dans leurs demandes d’aide extérieure;

  - surveiller les progrès au plus haut niveau politique.

L’AEC devra créer pour le Bassin Caraïbe un système de coopération en matière d’éducation au sujet de la prévention et de la réduction des effets des catastrophes basé sur un programme de développement, de partage des ressources universitaires, d’échange de professeurs et sur une meilleure utilisation d’Internet.

L’AEC devra encourager le développement de programmes d’action pour l’inclusion de la gestion des catastrophes naturelles dans les politiques d’urbanisme et d’aménagement du territoire et devra également faire le nécessaire pour que ce thème devienne un thème prioritaire dans la négotiation des accords de coopération.

L’AEC devra encourager les Etats membres à dialoguer avec les compagnies d’assurance pour encourager les mécanismes de prévention et de réduction des effets des catastrophes par l’intermédiaire d’incitations financières à la prévention.

  


2.4 Préparatifs, secours et alerte

 
L’AEC encouragera avec les agences internationales le soutien à la formation continue du personnel de gestion des catastrophes, des télécommunications d’urgence et au développement et à l’amélioration des systèmes d’alerte rapide aux niveaux régional et national.

L’AEC sera directement responsable de:

- la promotion et la signature d’accords d’assistance mutuelle allant au-delà de la portée géographique des organisations régionales établies, telles que le CDERA et le CEPREDENAC. Il est préférable que les accords limités aux pays membres du CEPREDENAC ou du CDERA soient gérés par les mécanismes existant au sein de la CARICOM ou du SICA.
 

- L’AEC soutiendra la coopération au sein de la région par l’intermédiaire de la promotion d’accords d’assistance mutuelle entre les différentes parties concernées en plus de celles déjà établies . On mettra l’accent sur le secteur privé, par exemple les fournisseurs de transport aérien et maritime qui travaillent en dehors des limites géographiques et du mandat des organisations régionales existantes.

- Elle sera également chargée de mobiliser le soutien politique pour la mise en place de systèmes de formation du personnel responsable de la gestion des catastrophes et des systèmes d’alerte aux niveaux régional et national.

  



2.5 Information et formation

  L’AEC cherchera à obtenir du soutien pour le développement de centres de documentation sur les catastrophes naturelles dans la région et les sous-régions en tenant compte des capacités existantes.
  L’AEC devra reconnaître le Centre régional d’information sur les catastrophes (CRID) et les autres organisations spécialisées dans la région comme points de diffusion et de dissémination auprès de tous les Etats membres de l’information sur la prévention, la réduction des effets des catastrophes, les préparatifs, les secours, la remise en état et la reconstruction par l’intermédiaire des différents moyens disponibles.
  Le Secrétariat général de l’AEC devra élaborer, diffuser et mettre à jour un registre du personnel spécialisé pouvant faciliter l’intégration d’équipes inter-disciplinaires pour aider la région en cas de catastrophe.
  L’AEC devra mettre en place des mécanismes pour la collecte et la diffusion de matériel et de produits sur les expériences dans la gestion des catastrophes.
  L’AEC sera chargée de la préparation d’un rapport annuel commun qui sera présenté lors de la réunion du Conseil des ministres de l’AEC. On pourrait définir dans ce document "le statut actuel de la région en matière de prévention des catastrophes naturelles", et présenter de manière succincte des statistiques de base, des prévisions relatives aux conséquences sur le développement de la région, les objectifs réalisés dans ce domaine et un bilan pour l’avenir.
  L’AEC devra identifier des mécanismes pour la reproduction des rapports des agences et les expériences des pays, ceci dans les langues officielles de l'AEC. L’AEC contactera les autorités du Programme caribéen d'action pour l'environnement et les autres agences régionales afin de développer l'échange d'expériences, d’informations et de ressources humaines pour la protection de la Grande Caraïbe et la prévention et la réduction des effets des catastrophes naturelles.
 



 III. Remarques finales

 
Par conséquent, il convient de faire les observations suivantes:

 
1. Cette proposition sera présentée au Comité spéciale sur la protection de l’Environnement et de la mer Caraïbe, qui la soumettra ensuite au Conseil des ministres lors de sa IIIème réunion ordinaire à Carthagène, en Colombie, pour qu’elle soit étudiée et adoptée.

 

2. Etant donné que la région de la grande Caraïbe a été déclarée par l’AEC zone de tourisme durable, en tenant compte non seulement de son énorme potentiel de développement mais également de la vulnérabilité qu’elle affiche en cas de catastrophe naturelle. On reconnaît l’importance fondamentale de l’application de ce plan d’action pour contribuer au développement touristique de la région.

 

3. L’AEC, par l’intermédiaire du Groupe spécial sur les catastrophes naturelles et avec le soutien du Secrétariat général, agira comme un point central afin d’obtenir un engagement politique durable dans le programme de gestion des catastrophes dans tout le Bassin Caraïbe.